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Evenements / Thierry Bolloré / Jean-Dominique Senard / Renault / Alliance / Nissan / Carlos Ghosn

Evenements
Thierry Bolloré / Jean-Dominique Senard / Renault / Alliance / Nissan / Carlos Ghosn

L'ombre de Carlos Ghosn va finir de planer

Le dernier rescapé de l'ère Carlos Ghosn, Thierry Bolloré, pourrait être évincé du constructeur automobile français, chassant le dernier fantôme du patron déchu dont les habitudes managériales sont à mille lieues des pratiques humanistes et sociales de Jean-Dominique Senard.
Thierry Bolloré
Thierry Bolloré

Dans moins de dix jours, le président de Renault Jean-Dominique Senard, va proposer à son conseil d'administration un successeur au directeur général Thierry Bolloré, affirme Le Figaro dans son édition d'aujourd'hui, mercredi 9 octobre.

Originaire du Finistère, Thierry Bolloré, MBA de l'université Paris-Dauphine en poche, a commencé sa carrière au début des années 1990 à Poitiers comme chef d'atelier dans une usine de pneus pour poids lourds du groupe Michelin. Tout au long de sa carrière, chez Faurecia d'abord puis chez Renault ensuite, réalisée exclusivement dans le monde de l'automobile, Thierry Bolloré a passé plusieurs années en Asie.

Son expérience du Continent - au moment de la crise des "faux espions Chinois" en 2011 - et celle qu'il partage chez le géant du pneu avec Carlos Ghosn - qui a lui-même passé dix-huit ans chez Michelin -, l'ont propulsé dans le costume du numéro deux du constructeur automobile français en 2013 chez qui il appliquera à la lettre la politique incarnée par son mentor, autour de la réduction des coûts et de la synergie industrielle entre les marques. Et manifestement, Michelin, réputé pour ses techniques de management qui promeut la subsidiarité et la décentralisation, a vu ses méthodes plus humanistes, largement reléguées au magasin des accessoires par le tandem.

À titre provisoire, c'est encore le CV asiatique de Thierry Bolloré mais aussi son rôle de directeur délégué qui le placent naturellement à la direction générale du constructeur français au moment où le scandale Ghosn éclate. Thierry Bolloré applique sans ciller les recettes de la rentabilité façon Carlos Ghosn, mais cela ne plaît plus. L'homme de l'ombre du patron déchu aurait peut-être mieux fait de s'inspirer de la discrète Mouna Sepehri, avocate de formation et bras droit de Carlos Ghosn, dont la mission était pour elle aussi de maximiser les synergies mobilisant les équipes communes, et qui a fait le choix intelligent et bienvenu de quitter le Comité exécutif au mois d'avril dernier, dans le cadre d'un profond renouvellement.

Lorsque le gestionnaire rigoureux et réputé humaniste Jean-Dominique Senard est nommé président par le Conseil d'administration de la marque au losange en début d'année, Thierry Bolloré est confirmé en tant que directeur général du Groupe. Les méthodes de celui qui a su sauver des milliers d'emplois lorsque le canadien Alcan a lancé une OPA hostile sur le groupe sidérurgique Pechiney et a co-écrit le rapport "Entreprise et intérêt général" dans le cadre de la loi PACTE aux côtés de Nicole Notat, contrastent bien sûr avec les nombreuses malversations financières dont est accusé Carlos Ghosn et qui continuent de résonner par la seule présence du second, que l'on sait toujours proche et admiratif de l'ex- numéro un. 

Voilà pourquoi les révélations du quotidien ne sont pas surprenantes. Lorsque l'État français, actionnaire du constructeur, a fait la demande officieuse d'un numéro deux à la tête de Renault, pour contrer le pouvoir dictatorial de Carlos Ghosn, il n'avait pas pensé à un laquais mais bien à un garde-fou solide. Et c'est pourquoi il est grand temps que celui qui continue de faire planer le fantôme de l'ancien dirigeant lâche les armes de son Prince. 

 

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