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Macro-économie / Taux / écosse / Brexit

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écosse / Brexit

L'Écosse, le grand perdant post-brexit ?

Par ses caractéristiques démographiques particulières, l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni pourrait être la plus gravement touchée par le divorce. 
Ecosse
Ecosse

Selon les estimations officielles nationales, d'ici vingt ans l'Écosse fera face à une grande crise démographique. Sur cette période, la population en âge de travailler devrait augmenter de 38.000 personnes, en parallèle de 265.000 départs de travailleurs écossais à la retraite. Plus encore, depuis 1998 le nombre de personnes âgées de plus de 75 ans a augmenté de 31 % alors que le nombre de jeunes Écossais de moins de 15 ans a quant à lui diminué de 8 %. Voilà pourquoi le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne, en privant l'une de ces quatre nations constitutives de la libre circulation des personnes, et donc de puissants outils publiques pour attirer de la main-d’œuvre, qualifiée ou non, pourrait plonger le pays dans un puits sans fond. 

À moins que l'Écosse ne soit parvenue à ajuster les règles prévues initialement par l’accord et dont les détails n’ont pas encore été dévoilés à ce stade. Ce qui est peu probable eu égard aux nombreux refus du Royaume-Uni aux appels lancés par les ministres écossais pour la dévolution des pouvoirs en matière d'immigration.

Lorsqu'au mois de septembre 2014, les Écossais avaient voté contre l'indépendance à 55 %, c'était essentiellement pour conserver les avantages de l'appartenance à l'Union européenne. C'est ce qui explique d'ailleurs pourquoi deux ans plus tard, en juin 2016, ils étaient 62 % à s'opposer au départ du Royaume-Uni de l'Union et c'est pourquoi également il faut s'attendre à ce que les résultats soient sensiblement différents si un nouveau référendum est organisé, comme le souhaite la cheffe des indépendantistes écossais et Première ministre Nicola Sturgeon. D'ailleurs, selon un sondage Panelbase paru dans l'édition écossaise du Sunday Times, la cause indépendantiste rassemble désormais 50 % des voix, un chiffre jamais atteint dans les sondages régulièrement réalisés sur ce sujet par cet institut de sondage. 

Puisque l'Écosse ne bénéficiera plus des avantages de l'Union, le pays pourrait voter son indépendance du Royaume-Uni et réintégrer l'Europe, à moins que les Écossais ne décident une indépendance totale, forts des ressources du pays pour bâtir un nouveau modèle de développement. Les croisières sur le Loch Ness et autres activités touristiques pèsent 9 milliards d'euros, sans compter que le pays est le premier producteur de saumon en Europe, en plus de 25 % du potentiel d'énergie éolienne et marémotrice d'Europe. Et outre le scotch, le pays détient 98,8 % des ressources en hydrocarbures du Royaume-Uni. Reste qu'il faut écouler cette production - 65 % des exportations écossaises sont destinées au reste du Royaume-Uni- , et comme le montre les données empiriques, la dépendance aux revenus pétroliers volatils pour une ressource qui s'épuise, n'est pas gage de stabilité. 

Pour des raisons démographiques évidentes et des ventes à des partenaires stratégiques historiques, il n'est pas sûr que l'Écosse ait les moyens de son indépendance. Ce qui n'empêchera pas Nicola Sturgeon de poursuivre sa lutte, elle qui a déclaré le week-end dernier exiger que Westminster approuve un second référendum sur l'indépendance avant la fin de l'année. 

 

 

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