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La prochaine crise financière devrait rebattre les cartes du capital-investissement
Au regard des secousses que pourrait connaître la planète finance dans les temps qui viennent, l'allocation d'actifs optimale pourrait être amenée à changer. Un point de vue que ne partagent pas tous les limited partners (LP). 70 à 80 % des limited partners (LP) d’Amérique du Nord et d’Asie-Pacifique estiment que leurs portefeuilles de capital-investissement doivent être amendés pour se préparer au prochain ralentissement économique, selon le Baromètre mondial du capital-investissement de Coller Capital, quand, en Europe, seulement 45% l'estiment. Cependant, un sujet met d'accord - 90% d'entre eux -, ce sont les risques importants associés aux contexte macroéconomique actuel et au prix élevé des actifs et leur impact - à moyen terme - sur les rendements pour la classe d'actifs. Aussi, lors du prochain retournement de conjoncture, la quasi-totalité des LP s’attendent à une importante différence de rendement entre gérants. Une situation que le secteur avait déjà connue lors de la dernière crise financière de 2008 car la différence dans les stratégies adoptées alors par les équipes de gestionnaires avait conduit à une forte disparité des performances.
Par ailleurs, le baromètre envoie un autre signal, celui d’un changement profond au sein du secteur, "l’industrie du capital investissement ne cesse d’évoluer, engendrant l’émergence de nouveaux facteurs de disruption potentielle. Alors que la mise en pratique des politiques ESG avait déjà eu un impact significatif pour les acteurs du capital investissement, la prise en compte du changement climatique est aujourd’hui un paramètre important pour les décisions d’investissements des LP" explique Francois Aguerre, Partner chez Coller Capital. Si le changement climatique est une problématique qui a le vent en poupe au sein de l’industrie du capital-investissement, son appréciation par les LP est hétérogène à travers le monde. De fait, près de trois investisseurs sur cinq en Europe et en Asie-Pacifique prévoient de modifier leurs portefeuilles pour lutter contre les changements climatiques au cours des cinq prochaines années quand moins d’un tiers des investisseurs nord-américains envisagent un changement similaire. Concrètement, les LP, qui s’attendent à des changements dans leurs stratégies d’investissement, planifient, globalement, de réduire leur exposition au pétrole et au gaz au profit d’investissements dans les énergies renouvelables et les produits et services respectueux du climat.
Concernant les perspectives - au cours des trois prochaines années - du capital-investissement dans le monde émergent, c’est l’Asie qui remporte la palme. Deux tiers ou plus des LP escomptent des opportunités attrayantes en Asie du Sud-Est, en Chine/Hong Kong/Taïwan et en Inde, alors qu'environ un tiers des investisseurs voient de bonnes opportunités en Europe centrale et orientale et en Amérique latine. Il ressort également du Baromètre que l'attrait pour les fonds de dette privée semble s'essoufler. Il y a autant d’investisseurs qui prévoient d’accélérer - au cours des deux prochaines années - le rythme de leurs engagements en dette privée que de le ralentir. Un chiffre pour le moins étonnant quand lors du Baromètre de l’hiver 2015-16, environ trois fois plus de LP prévoyaient d’accélérer les engagements plutôt que de les réduire. Une des raisons évoquées est l’augmentation du nombre de gérants de fonds de dette privée qui pourrait peser à la baisse sur les rendements.
Enfin, pour ce qui est de l'image du capital-investissement auprès de l'opinion publique, une grande majorité des LP - nords-américains en particulier - déclarent qu'elle s'est dégradée, citant les critiques des responsables politiques et des médias. En conséquence de quoi, les trois quarts des investisseurs, quelle que soit leur région, déclarent qu’il est de la responsabilité des associations professionnelles du capital-investissement et du capital-risque nationales et régionales de jouer un rôle plus actif en matière de pédagogie et de diffusion d’informations sur le secteur et de défendre sa légitimité.
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