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Tidjane Thiam / Iqbal Khan / Crédit Suisse
Credit Suisse, plongée dans un vaste scandale d'espionnage
Iqbal Khan, l'ancien chef de la division de gestion de fortune de Credit Suisse révélait avoir été poursuivi par des enquêteurs dans les rues de Zurich en septembre. Soit quelques jours après l'annonce de son départ pour un concurrent direct sur le marché, UBS, que l'homme très convoité pour son franc succès, a rejoint dés le mois d'octobre en tant que co-président du département de la gestion de fortune internationale.
Sans nier les accusations, la banque helvétique rétorquait alors que l'incident était exceptionnel et la communication de Credit Suisse innocentait immédiatement son directeur général Tidjane Thiam, disant qu'il n'en avait pas connaissance. Hier, lundi, Credit Suisse fait l'objet d'un nouveau chef d'accusation, celui d'avoir traqué grâce à des détectives privés, un second cadre de l'établissement bien plus tôt dans l'année, au mois de février. De nouveau, Credit Suisse a immédiatement dégagé Tidjane Thiam de toute responsabilité.
La banque a confirmé que son ancien chef des ressources humaines Peter Goerke a été suivi pendant "plusieurs jours" l'hiver dernier. C'est-à-dire peu ou prou au moment où WanSquare vous annonçait qu'il était rétrogradé et remplacé par Antoinette Poschung, cette dernière intégrant par ailleurs l'executive board. Quant à Peter Goerke, il était relégué à de "nouveaux projets" avec un accent mis sur la Chine et les talents, signalait vaguement Credit Suisse.
Derrière ces deux événements se cacherait le Chief Operating Officer Pierre-Olivier Bouée. Un français énarque, qui a partagé la Promotion du Premier ministre Edouard Philippe (1995 - 1997, Marc-Bloch), et de Rémy Rioux, l'actuel directeur général de l'Agence Française du Développement. Selon plusieurs sources proches du dossier, Pierre-Olivier Bouée, recevait des paiements pour ces poursuites en voiture, dignes d'un film américain.
La banque a lancé sa propre enquête sur le cas de Peter Goerke. Elle a conclu qu'il n'y avait aucune preuve que Tidjane Thiam ou d'autres membres du conseil d'administration que Goerke avait été suivi. Comme si, l'innocence de la direction blanchissait l'établissement. "Nous sommes conscients que les observations d'Iqbal Khan et de Peter Goerke ont porté atteinte à la réputation de notre banque. Avec les mesures que nous avons mises en place, nous envoyons un message clair que le conseil d'administration rejette fermement une culture de l'observation", a communiqué l'établissement hier.
Le Credit Suisse s'est depuis lors excusé auprès de Peter Goerke et a déclaré qu'il continuerait à coopérer étroitement avec l'autorité de régulation financière suisse, la Finma, qui a nommé la semaine dernière un enquêteur indépendant pour examiner les cas d'espionnage. Précisions que des allégations d'un troisième cas d'espionnage sont apparues ce mois-ci. Colleen Graham, une autre ancienne cadre du Credit Suisse, aurait affirmé avoir été mise sous surveillance en 2017 lors d'un différend avec la banque.
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