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Asset, Management / Amundi / Sur les marchés / Marchés financiers / Dette obligataire

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Amundi / Sur les marchés / Marchés financiers / Dette obligataire

L'endettement des entreprises américaines inquiète Amundi

C'est l'une des menaces qui planent sur les perspectives à moyen terme du marché du crédit selon le leader européen de la gestion d'actifs. 
Amundi
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Jusqu’ici tout va bien pour le marché du crédit. Les fondamentaux économiques sont robustes et les risques sont à la baisse sur le front de la guerre commerciale sino-américaine et du Brexit, a déclaré Rick Deutsch, responsable de la recherche crédit pour Amundi, le numéro un européen de la gestion d'actifs, lors d'une conférence organisée avant-hier à Paris par l'agence de notation Fitch. En outre, les grandes banques centrales contribuent à la relative sérénité du climat en maintenant leurs taux à des niveaux très bas et en augmentant la taille de leur bilan, a-t-il ajouté. La Réserve fédérale américaine a baissé ses taux d'intérêt à trois reprises lors de l'année 2019 et a lancé un programme de rachat d'actifs de 60 milliards par mois d'obligations du Trésor à courte maturité. De ce côté de l'Atlantique, la Banque centrale européenne a, elle, poussé l'un de ses taux directeurs en territoire encore plus négatif - 10 points de base de baisse - et remis en place un programme de rachat d'actifs de 20 milliards d'euros par mois à compter du mois de novembre dernier.

Parfois dénoncée, l'orientation accommodante des banques centrales a favorisé l'endettement des entreprises, notamment aux États-Unis, a fait valoir Rick Deutsch. "La dette des entreprises américaines croît plus vite que les profits et plus vite que le produit intérieur brut, ce qui n'est pas du tout une bonne tendance", a-t-il alerté. Concrètement, l’endettement des sociétés non financières a aujourd’hui atteint 47% du PIB des États-Unis - 7 points de pourcentage de hausse depuis 2011 -, soit un record historique. Car leur santé financière n'est pas des plus rassurantes. Aujourd’hui leur dette nette s'établit à 2,3 fois l'Ebitda quand elle était aux alentours de 1,8 entre 2010 et 2014. Concomitamment, leur Ebitda n’est que trois fois plus important que les intérêts qu'elles versent. Soit une tendance à la baisse depuis 2014 où il couvrait 5 fois les intérêts versés.

Dans une note datant du mois de novembre, Bastien Drut, stratégiste senior chez CPR AM, faisait état de ses craintes quant à l’endettement des entreprises américaines et ses conséquences sur le marché du crédit en expliquant qu’"au final, il apparaît que la dette des entreprises américaines sera l'un des thèmes clés de 2020.... Même sans la matérialisation d'une récession aux États-Unis, un simple ralentissement économique pourrait accentuer un phénomène de plus grande différenciation des émetteurs. Le resserrement progressif des conditions de crédit devrait fragiliser les segments de moindre qualité. Du côté des ménages, les segments des prêts automobiles à risque et des cartes de crédit devront également être surveillés".

La situation est moins préoccupante en Europe, où il est cependant très difficile d'intégrer les risques dans les cours en raison du soutien permanent promis par la Banque centrale européenne, explique de son côté Rick Deutsch. "Il y a un risque de voir se mettre en place une culture de la dépendance aux politiques des banques centrales", a-t-il dit.  Néanmoins il souligne que, "s'il y a un problème aux États-Unis, il y aura nécessairement une forme de contagion à l'Europe."

Ainsi, plusieurs scénarios pourraient mettre en grande difficulté le marché du crédit. L'endettement des entreprises américaines, le ralentissement de la croissance des États-Unis, un emballement du conflit commercial avec la Chine ou une détérioration de la consommation, qui résiste pour l'instant à un déclin du secteur manufacturier, a énuméré Rick Deustch. Toutefois, il a précisé que, "nous ne pensons pas que cela va se passer dans les neuf prochains mois mais nous sommes plus inquiets pour la suite". Compte tenu de ces éléments, le dirigeant recommande aux investisseurs de rester investis mais sur un horizon relativement court et en prêtant attention aux fondamentaux des actifs qu'ils achètent. "Il faut rester sur le marché mais il ne faut pas jouer les héros", a-t-il conseillé. "Il faut acheter des actifs qui peuvent supporter une marge d'erreur et survivre à un accident de parcours." Une allocation d'actifs qui réclame donc un certain doigté.

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