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Feuilleton de l'été / Jean-Jacques Barbéris / Amundi / Portrait

Feuilleton de l'été
Jean-Jacques Barbéris / Amundi / Portrait

Jean-Jacques Barbéris, de l’Elysée à Amundi

L’ex-conseiller de Pierre Moscovici et de François Hollande est en charge des relations avec les banques centrales et les fonds souverains au sein du gestionnaire d’actifs. Cet Enarque y a trouvé la stimulation intellectuelle à laquelle il tient tant. Il est par ailleurs président du groupe de réflexion En Temps Réel.
Jean-Jacques Barbéris
Jean-Jacques Barbéris

Jean-Jacques Barbéris a quitté l’Elysée le 10 mai 2016. Timing hautement symbolique pour ce passionné d’Histoire puisqu’il s’agit de la date de la première élection de François Mitterrand, mais aussi du jour de naissance de son fils, Clément. Une arrivée qui a permis à ce jeune père d’atterrir chez Amundi sans à-coup après ses quatre années passées en cabinets. En quoi consistent ses fonctions ? Jean-Jacques Barbéris, 38 ans, a pour mission de développer sa clientèle. Laquelle a pour caractéristique d’être très internationale, de représenter des entités de taille importante ou encore d’être extrêmement sophistiquée. Il se doit ainsi d’apprendre à connaître les besoins de ces grands investisseurs et de leur proposer des solutions au regard de leurs objectifs. Ce qui pousse Amundi à créer de nouvelles formes de gestion plutôt que de vendre des produits préfabriqués. « On est plus dans la haute couture que dans le prêt-à-porter », résume le dirigeant. La pratique étant très réglementée, sa maison répond à des appels d’offres pour se frayer un chemin dans cet univers très concurrentiel. « Les oraux des appels d’offres me remettent dans les conditions des concours ! », schématise Jean-Jacques Barbéris, qui confie être compétiteur dans l’âme et donc très mauvais perdant.

L’ex-conseiller est également membre du comité exécutif d’Amundi. Un lieu plein d’émulation, où il a notamment vécu le rachat de Pioneer, filiale de gestion d’actifs d’UniCredit. Cette acquisition a permis au plus grand gérant européen de continuer à peser à l’international face aux mastodontes américains. Ainsi de son fauteuil, Jean-Jacques Barbéris, qui voyage énormément, a « la chance de voir comment la mondialisation évolue ». Autant d’ingrédients qui lui permettent d’être challengé intellectuellement. Car c’est bien de cela dont notre interlocuteur, fils de deux professeurs de lettres réputés, et qui a d’ailleurs lui-même enseigné, a besoin. Diplômé de Normale Sup, un master et une agrégation d’histoire en poche, Jean-Jacques Barbéris, est également passé par l’IEP de Paris. A sa sortie de l’ENA (promotion Aristide Briand, 2008), il choisit d’intégrer le Trésor. Il y travaillera notamment sur les questions financières et environnementales avant de rallier le bureau marchés financiers en cette période de réglementation post-crise. Puis en 2012, et parce qu’il avait travaillé comme argentier lors de la campagne présidentielle, Pierre Moscovici lui propose de le rejoindre à Bercy en tant que conseiller. Il planchera alors sur les questions financières et sur la création de la Banque publique d’investissement. « La BPI, c’est d’abord le projet de Nicolas Dufourcq mais c’est aussi un peu le mien », estime Jean-Jacques Barbéris. Enfin, en 2013, celui qui est surnommé le petit Mozart de l’économie, prend le poste de chargé des affaires économiques et financières nationales et européennes à l’Elysée.

S’il reste fidèle à son Président, Jean-Jacques Barbéris ne s’est pas pour autant lancé dans la campagne de 2017 et a préféré quitter les arcanes du pouvoir avant l’entrée dans cette nouvelle phase. Celui qui n’a jamais été encarté a toutefois gardé une activité parapublique. Il est devenu en 2016 président du think tank indépendant En Temps Réel, prenant ainsi la suite de Stéphane Boujnah, patron d’Euronext. Ce groupe de réflexion - qui tient à sa neutralité - regroupe beaucoup d’anciens de la Fondation Saint-Simon, aussi bien des universitaires, que des représentants d’entreprises ou de la société civile, tels que Bernard Spitz ou Gilles de Margerie. « Nous faisons un travail d’anticipation sur les grandes questions et à partir des sciences sociales », poursuit Jean-Jacques Barbéris. En Temps Réel s’est ainsi penché sur Daesh ou encore la question des migrations internationales. Entre sa vie professionnelle, le temps libre consacré à son fils puis à son think tank, Jean-Jacques Barbéris essaie de se dégager quelques plages horaires pour lire, notamment des ouvrages dédiés à la période de la Restauration, son sujet de prédilection, comme son père, très grand spécialiste de Balzac.

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