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MBWS tombera aux mains de Cofepp
Après qu'en 2017, Marie Brizard Wine & Spirits (MBWS) a subi une perte nette de 67,3 millions d'euros, les choses sont allées de mal en pis. Le titre, coté sur Euronext Paris, s'est effondré en Bourse, puisqu'il a vu sa valeur divisée par cinq en deux ans. Le groupe de spiritueux a également déclenché la colère des associations de défense des actionnaires minoritaires après la conclusion d'un accord avec son concurrent Cofepp, détenu par Jean-Pierre Cayard, dix-septième fortune de France selon le magazine Forbes. Enfin, MBWS a dû confirmer au mois d'avril dernier être concerné par les opérations de visite et saisie inopinées réalisées par l'Autorité de la concurrence dans le secteur des vins et spiritueux. Bref, au sein des instances dirigeantes, tous espèrent que 2020 sera meilleure que le précédent cru. Et en ce début d'année, les forces se mobilisent. C'est pourquoi MBWS a annoncé la conclusion d'un accord tripartite portant sur la cession, par ses prêteurs bancaires, de la dette de la société à Cofepp, actionnaire majoritaire qui détient à ce jour 50,97%.
Ce n'est une surprise pour personne puisque le 22 décembre dernier, Cofepp s'était engagée à financer les besoins de trésorerie de MBWS pour l'année 2020, lesquels s'expliquent en particulier par les pertes antérieures, la guerre des prix sur le marché de la vodka en Pologne qui compressent fortement les marges, et dans une moindre mesure, par les évolutions législatives affectant le marché des vins aromatisés. Dans le détail, Cofepp vient de conclure une première avance d'un montant de 7,6 millions d'euros qui sera mise à disposition dans les prochains jours, de quoi couvrir les besoins de trésorerie du groupe de spiritueux jusqu'à mars 2020, nous dit Cofepp. C'est donc la première tranche de la première avance annoncée à la fin du mois de décembre dans un communiqué.
Par ailleurs, MBWS a été contrainte de céder Sobieski Trade le 15 novembre dernier, au groupe polonais United Beverages, une cession qui s'inscrit dans le plan stratégique 2019-2022 de MBWS et dont le but premier est bien de déconsolider un foyer de pertes. Rappelons que sur les six premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires a reculé de 1,9% tandis que la perte sur Ebitda est ressortie à 7,7 millions. Par ailleurs, MBWS estime encore que son EBITDA annuel 2019 devrait s’établir dans une fourchette comprise entre -20 millions d'euros et -25 millions d'euros. Mais nous en saurons plus le 13 février 2020 lors de la publication de son chiffre d'affaires du quatrième trimestre.
Une seconde tranche d'environ 7,4 millions d'euros, qui servira aux besoins de l'activité en Pologne, devrait être débloquée le 31 janvier 2020 au plus tard, puis une seconde avance de 17 millions d'euros, pourrait être mise à disposition de MBWS au premier trimestre 2020, sous réserve d'un accord de principe des créanciers publics sur un moratoire portant sur une partie des dettes fiscales et sociales du groupe. Ces financements ont vocation à être ensuite incorporés au capital de MBWS par Cofepp, dans le cadre d'une augmentation de capital de la société. Ainsi, à l'issue de l'opération, la Cofepp - qui avait déjà recapitalisé Marie Brizard, pourrait détenir 77,5% du capital du groupe de spiritueux. L'opération devrait de nouveau déclencher l'énervement des autres porteurs de parts, qui regardent depuis le début Cofepp d'un mauvais œil qu'ils acccusent de profiter des difficultés de MBWS pour monter progressivement au capital sans passer par les étapes réglementaires habituelles. L'évolution du cours de MBWS témoigne ainsi de la défiance croissante du marché boursier vis-à-vis des perspectives de MBWS à la suite de l'annonce de l'augmentation de capital annoncée.
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