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Macro-économie / Taux / Banque d'Angleterre / BoE / Politique monétaire

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Banque d'Angleterre / BoE / Politique monétaire

La BoE fait monter le suspens

Il y a un mois, la réunion du Comité de politique monétaire apparaissait comme un non-événement. Aujourd'hui, le marché se demande si elle ne pourrait pas constituer le premier fait majeur de l'année en termes de politique monétaire.
Mark Carney
Mark Carney

Depuis quelques mois, le message envoyé par la plupart des acteurs – gestionnaires d’actifs, banques - est assez simple. Si 2019 a en grande partie reposé sur l’action des banques centrales, 2020, elle, devrait voir les grands argentiers ne pas faire de vagues. Oui mais voilà, dans deux jours, la Banque d'Angleterre (BoE) mène sa première réunion de politique monétaire de l’année – la dernière du Gouverneur Mark Carney – et un nuage de doutes s’amoncelle quant à savoir si la banque centrale va procéder à une baisse de son taux d'intérêt directeur pour la première fois depuis trois ans.

Plus tôt ce mois-ci, le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) Mark Carney, qui va passer la main à Andrew Bailey mi-mars, a ouvert la porte à une baisse de taux pour contrer le ralentissement de la croissance. Le gouverneur de la BoE a confirmé qu'il y avait "un débat au sein du comité de politique monétaire sur les mérites relatifs d'une relance de court terme". Dans le même temps, il a déclaré entrevoir une "réduction" des incertitudes liées au Brexit depuis les élections de décembre remportées par Boris Johnson, tout en prévenant qu'un rebond de l'économie n'était "pas assuré". Des propos pour le moins ambigus. Rappelons que, lors des deux précédentes réunions, deux responsables sur neuf s'étaient prononcés en faveur d'une baisse des taux. Depuis lors, les sorties de certains membres du Comité de politique monétaire ont été jugées accommodantes par le marché, suggérant une opération de communication orchestrée pour les préparer à une baisse de taux. Le souci est qu’entre-temps, des indicateurs économiques de bonne facture sont venus davantage semer le doute dans l'esprit des investisseurs, et ils se trouvent aujourd’hui très divisés sur leurs prédictions avant la réunion de politique monétaire. À l’heure où nous parlons, le marché estime à 56% la probabilité d’une baisse des taux d’intérêt de 25 points de base - ils passeraient de 0,75% à 0,50% -, quand elle était seulement de 4% il y a un mois.

C'est du "50-50", selon Han Tan, analyste pour FXTM. Si la croissance et l'inflation ralentissent, l'emploi, lui, continue de battre des records – le taux de chômage est au plus bas depuis les années 70. De plus, l’estimation préliminaire des indices PMI du mois de janvier révèle un fort rebond de l'activité en janvier grâce à une levée, peut-être temporaire, du brouillard lié au Brexit- le PMI Composite est à son plus haut depuis seize mois. Ce sont des statistiques qui "plaident pour une approche plus attentiste" de la part de la BoE, plaide Han Tan. D'autres, sont plus nuancés. "Il y a des arguments pour soutenir les deux opinions", explique Jasper Lawler, analyste pour London Capital Group. "Nous pensons que les données économiques publiées seront suffisantes pour maintenir les taux stables en janvier, mais c'est loin d'être certain. La majorité des membres du Comité de politique monétaire pourrait encore voir l'intérêt d'un assouplissement de la politique pour soutenir un rebondissement attendu de la croissance", explique pour sa part Dan Hanson, économiste chez Bloomberg.

Tous ces doutes ne vont pas décoller l’étiquette dont Mark Carney s'est vu affublé en 2014 lorsque le député travailliste, Pat Mcfadden, l’avait comparé à un unreliable boyfriend - petit ami pas fiable – à cause de sa tendance à souffler le chaud et le froid. De fait, le grand argentier a souvent fait l'objet de critiques à cause de ce que les investisseurs jugent comme étant des erreurs de communication. Reste que, malgré sa réputation, Mark Carney a envoyé des signaux très forts avant les précédentes réunions, soit en laissant entendre de manière concertée qu'un changement était imminent, soit, comme ce fut le cas au printemps 2018, en balayant d'un revers de la main la possibilité d'un changement d’orientation de la politique monétaire. Toutefois, le marché a été dupé une fois, à l'été 2016, lorsque Carney a signalé qu'une réduction des taux d'intérêt était à venir dans le mois suivant le référendum de juin sur Brexit. La baisse eu finalement lieu en août.

Par ailleurs, jeudi, le Comité de politique monétaire publiera également ses nouvelles prévisions de croissance. En novembre, il avait indiqué tabler sur 1,2% pour 2020, contre 1,4% pour 2019 selon ses dernières estimations.

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