Publications, Résultats / BNP Paribas / Jean-Laurent Bonnafé
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BNP Paribas / Jean-Laurent Bonnafé
BNP Paribas fait mentir les sceptiques
Cette année les résultats du secteur bancaire sont surveillés de près. Et pour cause, les grandes banques ont vu leurs marges se réduire dans le sillage de la baisse des taux et des dépôts à taux négatifs à la BCE. Les activités de fusions et d’acquisitions ont reculé un peu partout dans le monde. Et des entreprises de taille intermédiaire se tournent de plus en plus vers le marché de la dette privée.
Dans cet environnement, le groupe BNP Paribas, qui a publié ses comptes ce matin, alors que la Société Générale le fera demain matin et Natixis demain soir, fait preuve d’une résilience impressionnante puisque si son produit net bancaire a augmenté d’à peine 5%, son bénéfice net part du groupe a progressé de 8,6% à 8,2 milliards d’euros. Le résultat d’exploitation qui ne tient pas compte des coûts liés aux restructurations annoncées il y a un an dépasse même les 10 milliards, ce qui correspond à une progression de 9,7%.
Il faut dire que le quatrième trimestre a été particulièrement vigoureux dans tous les métiers de BNP Paribas, alors que l’an passé, c’était le contraire qui s’était déroulé. L’activité Corporate a ainsi vu son produit net bancaire bondir de 30% au cours des trois derniers mois de l’année. Et dans le même temps la banque maîtrisait de manière extrêmement minutieuse ses coûts. De fait, sur l’ensemble de l’année les frais de gestion de BNP Paribas ont progressé deux fois moins vite que son produit net bancaire.
Cette résilience impressionnante a naturellement un effet immédiat sur les fonds propres et les ratios de solvabilité. La rentabilité des fonds propres tangibles s’établit à 9,8%. Surtout le fameux ratio common equity Tier 1 s’élève à 12,1% en hausse de 40 points de base par rapport à l’année précédente. Si bien que la réserve de liquidité du groupe, instantanément mobilisable est de 309 milliards d’euros. Ce qui représente plus d’un an de marge de manœuvre.
Conformément aux injonctions des autorités financières le dividende progresse faiblement, de 2,6% à 3,10 euros. Mais il est conforme au taux de distribution de 50% que s’impose BNP Paribas. Cela correspond tout de même à un rendement de 6,31% pour l’actionnaire. Le titre BNP Paribas qui a progressé de 23% depuis un an reste donc attrayant, d’autant plus que l’actif net comptable s’élève à 79 euros. Par rapport à cet étiage, le cours de Bourse fait donc ressortir une décote de 38%.
S’agissant de l’année 2020, Jean-Laurent Bonnafé souligne que le groupe devrait poursuivre sa croissance grâce à son modèle diversifié à sa dynamique commerciale et à l’amplification de la collaboration entre métiers. De surcroît, BNP Paribas précise qu’il n’y aura aucun coût de transformation cette année et que les économies récurrentes additionnelles liées aux transformations effectuées vont générer 1,5 milliard d’euros. C’est dire si le groupe est paré pour créer encore de la valeur dans un environnement pourtant complexe. De fait, il place la barre très haut pour ses concurrents français.
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