Les rémunérations d’Oudéa et de Bonnafé en baisse
Les grandes banques de Wall Street ont dévoilé leurs rémunérations pour 2018. C’est maintenant au tour des Françaises d’en faire autant. Si les établissements américains ont fait état de hausses (+ 5 % pour Jamie Dimon de JP Morgan, +7 % pour James Gorman de Morgan Stanley, +15 % pour Brian Moynihan de Bank of America), ce n’est pas le cas de Société Générale et BNP Paribas.
En ce qui concerne la banque rouge et noire, Frédéric Oudéa affiche une rémunération totale à 2,363 millions d’euros, contre 2,606 en 2017, année qui avait déjà enregistré une baisse. Dans le détail, la rémunération fixe du directeur général est stable à 1,3 million d’euros. C’est donc le montant du variable qui est moins important, passant de 1,306 à 1,063 million d’euros. Il est toutefois précisé qu’à la suite des accords passés avec les autorités américaines sur plusieurs grands litiges en 2018, Frédéric Oudéa (mais aussi Séverin Cabannes) a proposé de renoncer volontairement à une partie de sa rémunération variable annuelle. Le bonus était au départ de 1,251 million d’euros. Ce qui correspondait à un taux de réalisation global de 71,3 %. La réduction du variable s’est élevée à 15 % pour Frédéric Oudéa.
Pour ce qui est des rémunérations de Séverin Cabannes, celui-ci a renoncé à son variable à hauteur de 7,5 %. Le bonus du directeur général délégué était fixé à 525.000 euros. Ce qui correspondait à un taux de réalisation global de 57,1 %. En tout Séverin Cabannes a empoché 1,286 million d'euros en 2018 (1,473 million en 2017). Son fixe est établi à 800.000 euros. Cette rémunération a été proratisée pour les trois collaborateurs devenus directeurs généraux délégués en mai 2018. Philippe Aymerich, Philippe Heim et Diony Lebot ont ainsi touché un fixe de 504.000 euros ; auquel s’ajoutent des variables respectifs de 423.105, 437.300 et 393.030 euros.
À noter que la rémunération fixe a également été proratisée pour Didier Valet, parti dans le cadre du règlement du litige du Libor avec les Américains, et Bernardo Sanchez Incera, le patron de la banque de détail, qui ont quitté le groupe respectivement en mars et mai derniers. Il est rappelé que le conseil d'administration a décidé qu’aucune rémunération variable ne leur serait attribuée en 2018.
Pour ce qui est de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé a touché 3,315 millions d’euros en 2018, contre 3,618 millions l’année précédente. Son fixe a compté pour 1,562 million. Un montant resté inchangé d’une année sur l’autre. La part variable a représenté 1,470 million (1,577 million en 2017), soit 94 % de sa rémunération variable cible. Cette dernière prend en compte des critères quantitatifs, comme le bénéfice net par action, et les critères qualitatifs, tels que la création d’une communauté de clients autour de la finance durable. Enfin, le plan de rémunération long terme (PRLT) conditionnel sur cinq ans s’est monté à 282.644 euros (contre 479.065 euros).
Quant à Philippe Bordenave, ce dernier affiche un package 2018 de 2,122 millions d’euros, contre 2,316 millions d’euros. Le fixe du directeur général délégué est resté le même depuis 2016 à 1 million d’euros. Sa part fixe est, elle, en baisse à 941.258 euros (soit 94 % de sa rémunération variable cible), contre 1,009 million un an plus tôt. À cela vient s’ajouter le PRLT de 180.950 euros. À voir maintenant s’il s’agit d’une tendance ou non en France et en Europe.
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