Evenements / Société Générale / Frédéric Oudéa
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Société Générale / Frédéric Oudéa
L'imprudence onéreuse de la Société générale
Dans un contexte économique, financier et réglementaire peu favorable, la Société générale a accusé le coup l'an passé publiant des comptes décevants avec un bénéfice net à 3,9 milliards d'euros et une chute de 50 % du bénéfice de la banque d'investissement au dernier trimestre 2018. Pour reprendre haleine, l'établissement avait annoncé un programme de réduction des coûts de 500 millions d'euros en 2020 dans ses métiers d'investissements. Dans la soirée hier - et donc avec un an d'avance par rapport à ce qui était prévu -, la banque au logo rouge et noir a finalement annoncé une suppression de 1.600 postes, le douzième plan de réduction d'effectifs en onze ans, depuis que Frédéric Oudéa est aux manettes de l'établissement. La banque d'investissement sera la plus durement touchée, perdant environ 1.200 postes, dont 750 en France.
Surtout au plus haut dans la banque, il se savait que l'activité ralentirait, justement dans sa banque de financement et d'investissement. Au contraire de son concurrent français BNP Paribas, qui a su tirer des conclusions rapides en réponse à une situation similaire en supprimant 1.000 postes dans sa partie belge dès le mois de février, Société générale paye son optimisme qui l'a poussé à croire que le premier trimestre pourrait être meilleur, faisant de ces coupes humaines tardives les conséquences sombres d'une stratégie mal organisée.
Sur les trois premiers mois de l'année, Société générale ne fait même plus partie du classement des 25 premières banques en fusions acquisitions sur la région EMEA (Europe Moyen-Orient et Afrique), alors que BNP Paribas perd 7 places sur un an pour se situer à la 15ème place (selon Refinitiv). Au temps du senior banker Hubert Preschez - actuellement co-responsable de la BFI France de HSBC - la Société générale savait se différencier sur ce métier d'adrénaline, aussi grâce à cet homme qui a conseillé plus de 100 milliards d'euros de transaction dans une quarantaine de deals. Le départ du directeur délégué Didier Valet en mars 2018, qui a suivi le contentieux américain lié au taux Libor, n'a rien arrangé, faisant perdre à la Socgen le patron de sa BFI, cette activité encore incontournable à l'époque des faits. Depuis le départ de cette tête haut placée, les fonctions sont assurées par son directeur général délégué.
Au pied du mur, Frédéric Oudéa est contraint de réduire ses objectifs de croissance et de rentabilité et vise un rendement des capitaux propres tangibles de 9 à 10 % d'ici 2020, contre 11,5 % hier matin encore. En un an, l'action a chuté de 40 % pour s'établir à 26,85 euros à 14 heures.
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