Publications, Résultats / Société Générale / Frédéric Oudéa
Publications, Résultats
Société Générale / Frédéric Oudéa
Société Générale s'adapte aussi
Le marché reprend-il confiance en la Société Générale ? Si le titre de la banque rouge et noire n'est pas à la fête depuis plusieurs mois, il a pris ce matin 5 % dans le sillage de l'annonce de ses résultats. Ces derniers ne présentent pas de surprise majeure puisque le 17 janvier, l'établissement avait annoncé un avertissement sur résultats. In fine, Société Générale affiche des revenus à 25,205 milliards d'euros, en légère hausse de 0,6 % sur l'année, notamment grâce aux performances de la banque de détail et des services financiers internationaux. Le quatrième trimestre a en revanche été difficile, avec une baisse de 4,8 % à 5,927 milliards d'euros. Les activités de marchés ont été bien sûr le parent pauvre (-19 % au T4). Et l'environnement de taux en zone euro est une épine dans le pied, qui devrait se traduire par un manque à gagner d'environ 500 millions d'euros sur les revenus du groupe en 2020.
À l’instar de BNP Paribas qui a annoncé hier un ajustement de son plan 2020, la Société Générale va donc s'adapter à l'environnement économique devenu moins avantageux. "Dans un contexte économique, financier et réglementaire qui s’annonce moins favorable et toujours plus complexe dans les prochaines années qu’anticipé il y a un an, nous avons décidé d’adapter l’exécution de notre plan et notre trajectoire financière", a fait valoir Frédéric Oudéa, directeur général. Et de préciser : "Nous serons encore plus sélectifs dans notre allocation de capital privilégiant les zones d’excellence du Groupe". Par exemple sur la partie marchés, l'établissement entend se recentrer sur ses zones de forces, tandis que les activités dispersées ou peu rentables seront mises sur le côté. Des activités gourmandes en RwA (actifs pondérés par le risque) qui pèsent sur les ratios réglementaires sans pour autant donc profiter suffisamment à la banque. Cette cure d'amaigrissement dans la partie marchés devrait représenter 8 milliards d'euros de RwA.
"Par ailleurs, dans un environnement économique plus incertain, nous continuerons à travailler sur notre efficacité opérationnelle avec un plan additionnel de réduction des coûts dans les activités de Banque de Grande Clientèle et Solutions Investisseurs et nous renforçons encore la priorité accordée à la maîtrise des coûts", poursuit Frédéric Oudéa. Concrètement, Société Générale a annoncé un plan additionnel de réduction des coûts d’environ 500 millions d’euros en 2020 dans les activités de Banque de Grande Clientèle et Solutions Investisseurs. Lequel devrait réduire ses frais généraux de 6,5 % en 2020 au lieu d'une stabilité jusque-là prévue.
Société Générale est également revenue sur ses anticipations pour la Banque de Détail. Elle compte poursuivre sa stratégie de transformation. Mais elle note toutefois que les taux bas, combinés à l'effort citoyen demandé par le gouvernement Philippe dans le cadre de la crise des gilets jaunes (qui va lui coûter 70 millions d'euros dès 2019) vont peser sur ses ambitions de ROTE à horizon 2020. Fixées à 14,5 %, elles tomberont entre 11,5 % et 12,5 % au sein de la Banque de Détail en France. Même nouvelle fourchette annoncée pour le pôle Grande Clientèle et Solutions Investisseurs. Enfin, la partie Banque de détail et Services Financiers Internationaux vise, elle, une rentabilité entre 17-18 %. Ainsi, le ROTE du groupe devrait-il être compris entre 9 %-10 % en 2020, contre 11,5 % initialement anticipé. Les attentes en matière de ratio de fonds propres (12 %) et de distribution (50 %) sont pour leur part maintenues.
Malheureusement Frédéric Oudéa continue de penser que la Société Générale peut rester célibataire dans un univers financier qui pousse aux rapprochements. Ce matin dans Les Echos, il affirme de façon définitive : "Je ne vois aucune fusion d'ampleur dans les deux prochaines années. Compte tenu de l'environnement financier que j'évoque, des incertitudes économiques et réglementaires, des problèmes politiques de l'Europe et de l'importance des transformations que nous avons à mener, il n'y aura pas de grands mouvements de consolidation à court terme... Le reste n'est que rumeurs de marchés." Pourtant à son propre conseil d'administration des personnalités qui ne se nourrissent pas des "rumeurs" plaident pour une fusion transfrontières et considèrent que la Générale est trop petite et risque de se trouver marginalisée. Pour les actionnaires de la Générale, il faut souhaiter vivement que Frédéric Oudéa se trompe et qu'il y ait bien des fusions dans les deux ans à venir.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

