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Frédéric Oudéa / Société Générale / Brexit
Frédéric Oudéa commence à trouver les négociations sur le Brexit inquiétantes
Quels sont les défis de la banque de demain ? C’est la question que posaient ce matin les centraliens réunis au sein de la fondation France-Amériques à Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société Générale. Une question à laquelle a déjà largement réfléchi le numéro un de l’établissement bancaire et qu’il a donc mise en perspective. Pour lui, la banque vit une véritable révolution. « J’ai clairement aujourd’hui un nouveau métier », lance-t-il précisant que le domaine le plus touché par cette phase de transformation radicale est celui de la banque de détail. D’abord en raison de l’évolution des innovations technologiques, mais aussi de celle des règles prudentielles l’entourant et ce, dans un contexte particulièrement difficile depuis trois ans, au regard de niveaux de taux d’intérêt historiquement bas. Environnement réglementaire qui s’apprête tout autant à révolutionner les secteurs de la gestion d’actifs et de la banque privée avec l’avènement de Mifid 2. « D’autres éléments sont également en train de bouleverser notre univers. Comme la transition énergétique, la mobilité, la gestion des données et leur protection », assure Frédéric Oudéa.
L’homme fort de la Société Générale anticipe la disparition de nombre de fonctions à faible valeur ajoutée et d’ailleurs bien souvent pénibles pour les salariés. D’autres fonctions, en revanche, sont déjà en train de naître avec des implications fondamentales pour la nouvelle façon d’aborder la banque (comme la gestion automatique des flux, des reporting, des situations de découverts, etc.).
C’est dans ce contexte de profonde mutation que Frédéric Oudéa aborde l’avenir de sa banque avec pour priorité absolue, la réussite de la transformation de tous les services, mais aussi de son modèle. La consolidation de son secteur arrive ensuite. « Nous screenons ainsi nos points forts et points faibles au sein de nos différents métiers. Les trop petites structures n’ayant aucune chance d’atteindre la taille critique seront cédées. En revanche, nous regardons l’acquisition d’activités sur lesquelles nous pouvons devenir leader ou susceptibles de consolider notre leadership », précise le directeur général de la banque. C’est d’ailleurs ce qu’il vient de faire avec l’achat des activités de marché de Commerzbank.
Ce qui ne l’empêche pas d’anticiper, à terme, une consolidation des banques européennes plus franche. Mais pour lui, celle-ci n’aura pas lieu tant que l’on n’en saura pas plus sur l’issue des négociations sur le Brexit, cet aspect commençant à devenir « inquiétant » (au cas où il n’y aurait pas d’accord). De même, les différents acteurs devraient attendre d’être fixés sur le cadre réglementaire les concernant avant d’avancer sur ce sujet.
Pour ce qui est des cryptomonnaies, Frédéric Oudéa se montre très circonspect. « Je ne crois pas dans le Bitcoin », a-t-il ainsi asséné. Quant aux autres cryptomonnaies, elles devront d’abord être rigoureusement encadrées par les différents régulateurs avant qu’il ne décide de les proposer aux clients de sa banque. Idem sur les ICO alors qu’il regarde en revanche de très près les réseaux institutionnels de partenaires (DLT) appelés à se développer à vitesse grand V ces prochains mois.
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