Professions financières / Deutsche Bank / Président du directoire
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Deutsche Bank / Président du directoire
Un prochain chevalier blanc pour Deutsche Bank ?
Si la crise du coronavirus est particulièrement difficile à vivre pour les banques, elle l’est encore plus pour les banques qui étaient déjà en difficultés. Deutsche Bank en a témoigné vendredi lorsque la banque allemande a à son tour émis un profit warning. "Nous pourrions être affectés matériellement par un retournement prolongé des conditions économiques au niveau local, régional ou global", a indiqué la banque, qui a indiqué que ses objectifs pour 2020 seraient revus en avril. La veille, les économistes avaient publié un rapport très pessimiste sur la situation, estimant que la récession en vue "excèdera substantiellement ce que nous avons connu depuis la 2ème Guerre Mondiale".
Le même jour, la banque a procédé à une nomination significative à son conseil de surveillance : celle de Theodor Weimer, le patron de la Bourse allemande Deutsche Börse. Déjà âgé de 60 ans, ce dernier est un banquier européen d’expérience : avant d’être nommé CEO de la Bourse allemande en janvier 2018, il a travaillé 10 ans pour UniCredit, dont il a dirigé les activités en Allemagne. Avant cela, il a commencé sa carrière en conseil chez McKinsey puis Bain & Company, puis a passé trois ans comme associé de la banque d’investissement chez Goldman Sachs (entre 2004 et 2007).
La nomination de ce poids lourd est certes un signal à l’égard du chairman actuel de Deutsche Bank, Paul Achleitner, en place depuis 2012 et dont le mandat arrive à échéance dans deux ans. Alors que la banque allemande a été la plus fragilisée en Europe ces dernières années, ce dernier avait déjà été chahuté lors de la dernière assemblée générale du groupe, et trois de ses plus gros actionnaires – les qataris, le chinois HNA et le fonds Cerberus – auraient envisagé de le remercier. En début d’année, la banque semblait enfin sortir de l’ornière, et le titre a grimpé de près de 50 % en un mois et demi… pour retomber aujourd’hui à son plus bas niveau historique, soit une maigre capitalisation boursière de 11 milliards d’euros.
La crise du coronavirus risque-t-elle de menacer le modèle actuel de Deutsche Bank, et son président ? Lors de la dernière crise en 2017, c’est le directeur général John Cryan qui avait été débarqué, remplacé par Christian Sewing, mais celle-ci devrait être encore plus profonde. De son côté, Theodor Weimer peut se targuer d’un bilan très solide à la tête de Deutsche Börse, qu’il a rejoint juste après l’échec de sa fusion avec le London Stock Exchange. Néanmoins, rien n’est joué puisque le dirigeant pourrait être empêché par une question de conflits d’intérêt. Au board, le nom d’un autre candidat est murmuré : Norbert Winkeljohann, qui doit néanmoins entrer comme président de Bayer cette année.
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