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Start-up / Private Equity / Private equity / Levée de fonds

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Private equity / Levée de fonds

Private equity : une révolution en marche

Les levées de fonds devraient marquer le pas après un millésime 2019 record, un défi pour de grands gérants en roadshows. Les flux iront vers des acteurs installés et le distressed, même si le marché présente des opportunités historiques.
Private equity gouffre
Private equity gouffre

Depuis plusieurs années, les levées de fonds du private equity semblaient pouvoir s’élever jusqu’au ciel : de 60 milliards de dollars en 2010, elles avaient été multipliées par cinq, à 308 milliards neuf ans plus tard. Toujours plus d’argent dans des véhicules records depuis la crise, et même plus : l’an passé, Blackstone a bouclé un fonds à 26 milliards de dollars, du jamais-vu même en 2006-2007. Mais la crise du coronavirus est passée par là, et pour le non coté comme pour les autres, les flux d’argent risquent de se tarir. "Nous nous attendons à ce que ce soit un environnement difficile pour la plupart des levées de fonds, même si l’impact ne se verra que dans les données du deuxième et troisième trimestre", selon Wylie Fernyhough, analyste chez Pitchbook.

Pour ceux qui étaient déjà au bout de leurs roadshows, les allocations ne devraient pas être remises en cause, surtout si les fonds sont des acteurs connus de la place. Ainsi, Ardian est par exemple attendu au tournant, qui rencontre des difficultés dans le closing d’un fonds record de secondaire à 18 milliards de dollars. Les ambitions ne manquent pas : CVC Capital Partners a aussi lancé un fonds de 20 milliards d’euros, qui pourrait être le plus gros véhicule jamais levé en Europe. Côté US, l’américain Silver Lake ambitionne de closer un sixième fonds LBO de 16 à 18 milliards de dollars.

Or cette crise sans précédent arrive dans un contexte de pic de marché pour le private equity, où les levées de fonds commençaient déjà à s’essouffler. La classe d'actifs dispose d’un trésor de guerre inédit : plus de 1.500 milliards de dollars dans le monde. Et aujourd'hui, les Limited Partners – les investisseurs dans cette classe d’actifs – sont souvent des institutionnels très préoccupés par la baisse aussi subite que sévère des marchés. Ces acteurs sont bien souvent soumis à un certain équilibre de leurs allocations entre le coté et le non coté, ce qui pourrait mécaniquement les amener à revoir à la baisse leurs enveloppes dédiées au private equity.

Pour des bailleurs de fonds eux-mêmes soumis à des appels de capitaux, l’heure est donc à la revue de la stratégie d’investissement. Et comme cela était déjà la tendance, cette crise devrait profiter aux acteurs les mieux établis et avec les meilleurs track record. Une plus grande sélection au profit de quelques happy fews, toujours plus mastodontes. Mais aussi des actifs distressed, si bien que les fonds de retournement ont leur carte à jouer dans ce retournement de cycle. Les fonds classiques vont eux aussi affûter leurs armes, qui veulent tirer parti des chutes sans précédent dans les valorisations.

Car aux États-Unis comme en Europe, les fameux "barbares à la porte" - le surnom attribué à KKR quand il avait signé le premier LBO de l’histoire sur le NRJ Nabisco en 1989 – fourbissent leurs armes. Après plusieurs années où les valorisations avaient elles aussi atteint des niveaux record, les fonds pourraient enfin tirer parti de points d'entrée attractifs mais aussi se financer à encore plus bas prix, ce qui devrait redorer leurs attentes de TRI (Taux de Rendement Interne). Car les millésimes post-crise sont en général, et de loin, bien plus performants au plan historique. Les LP en mal de rendement devraient s’en rappeler lorsqu’ils reverront leurs allocations d’actifs.

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