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Elior
La renaissance d’Elior
Elior, qui fournit les repas et des services associés aux hôpitaux comme aux écoles et a une position de leader de marché en France, s’est retrouvé projeté au cœur de la tempête Covid-19. Mais le groupe, qui a publié ce matin ses résultats semestriels, vient de démontrer qu’il avait non seulement réussi à limiter les dégâts, mais était aussi engagé dans la bonne voie.
Certes, la facture du Covid-19 est lourde : 157 millions d’euros sur le chiffre d’affaires et 57 millions d’euros sur l’Ebita au premier semestre 2019-2020. Si bien que le chiffre d’affaires a reculé de 5,2% sur le semestre à 2,45 milliards d’euros, et surtout de 9,9% entre janvier et mars. Le coup d’arrêt porté à l’activité en raison du confinement en France, en Italie et en Espagne a conduit à un effondrement de l’Ebita, qui chute de 122 millions d’euros l’an passé à 52 millions aujourd’hui. Tandis que le résultat net part du groupe tombe dans le rouge, avec une perte de 17 millions d’euros, contre 0 l’an passé.
C’est d’ailleurs la gestion de la liquidité – étant donné que le free cash flow est tombé à 12 millions d’euros au premier semestre – qui est la priorité numéro un du groupe. "Depuis mon arrivée, j’ai mis en œuvre une culture du cash", a plaidé Philippe Guillemot, directeur général d’Elior. Le groupe s’est engagé à accentuer la discipline de gestion du cash, ce qui passe sans surprise par la suspension des rachats d‘actions mais aussi la suspension du dividende 2020. Car le dirigeant n’est pas dupe, la reprise sera lente, notamment en France où la crise a été la plus intensément ressentie et l’activité post-confinement la plus poussive. Seule projection à l’heure actuelle, l'impact sur l'Ebita ajusté de la perte de chiffre d’affaires devrait être d'environ 30% pour l'ensemble de l'année 2019-2020.
Autre sujet aigu, celui du multiple de dette qui a aussi mécaniquement bondi en raison de la chute de l’Ebita : elle s’établit à 2,5 fois l’Ebita, contre 1,8 fois en septembre 2019, et le groupe s’est engagé à la ramener vers son objectif de 1,5 à 2 fois dans les meilleurs délais. Il a d’ailleurs obtenu une pause sur ses tests de covenants (clauses de contrats de crédit) en 2020 - mais il peut compter sur une situation de liquidité solide, avec 937 millions d’euros disponibles après avoir tiré sur un crédit revolving de 450 millions d’euros.
C’est sans aucun doute cette gestion stricte des comptes, dans une période agitée et surtout dont la durée est incertaine, qui a plu aux investisseurs. Mais aussi les opportunités qui se dégagent pour Elior, qui bénéficie de sa position d’acteur installé et aux procédés sanitaires fiables et voit ainsi arriver de nouvelles demandes d’acteurs qui ne peuvent gérer ces problématiques dans les conditions post-Covid. Des perspectives qui font bondir le titre de plus de 7% ce matin. Mais il y a encore du chemin pour le titre Elior, laminé par la crise et qui est encore en baisse de plus de 50% sur trois mois.
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