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Ce que cache le rebond du marché automobile
Dopé par les primes à l’achat décidées par le gouvernement, le redressement de la demande automobile a bien lieu en juin. Mais il n’y a pas de quoi pavoiser. Selon les chiffres publiés hier par le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), les immatriculations de voitures particulières (VP) neuves ont progressé de 1,2% par rapport à juin 2019, pour atteindre 233.818 unités, tandis que celui des VP et des utilitaires légers (VUL) s’est adjugé 2,4% (à 285.837 unités).
Le marché a été soutenu par l’augmentation du bonus écologique pour les véhicules électriques, ainsi que par la nouvelle prime au renouvellement du parc automobile, qui subventionne l'achat de véhicules récents (neufs ou d'occasion) en échange de la mise à la casse d'un véhicule ancien.
Mais il s’agit de comparaisons à partir de chiffres bruts. Car le mois dernier a compté 2 jours ouvrés de plus que l’année dernière (21 contre 19). Corrigé des jours ouvrés, le marché des VP a chuté de 8,4% et le marché VP+VUL de 7,4% par rapport à la même période l’année dernière. Cela confirme également les premiers sentiments des professionnels en cours de mois, qui indiquaient remarquer une progression beaucoup plus forte des voitures d’occasion, puisque les primes gouvernementales portent également sur le marché de la seconde main. Selon les chiffres du cabinet d'études automobiles AAA Data publiées hier, les ventes dans l'occasion ont bondi de 30% en juin.
L’effet tant espéré de rattrapage de la consommation sera probablement lent, éloignant la perspective d’une reprise en "V" : les menaces qui pèsent sur l’emploi incitent probablement les ménages à reporter, voire annuler une décision d’achat d’un tel montant. Au cours du premier semestre, les immatriculations de VP affichent une baisse de 38,6%, à 715.804 unités. La chute atteignait 48% pour les cinq premiers mois de l’année. Les prévisionnistes s’attendent à une baisse de 20% à 30% pour l’année.
Les commentaires faits dans la journée ne disent pas autre chose. "Les véhicules qui se sont le mieux vendus sont plutôt des véhicules d'entrée de gamme", a déclaré à l’AFP François Roudier, porte-parole du CCFA – un effet probable de la prime à la casse qui touche une clientèle moins solvable et qui n’est pas une bonne nouvelle pour les marges des constructeurs. "Les chiffres des ventes sont bons mais la vérité c'est que la reprise dans nos usines n'est pas encore totale. On a un certain nombre de stocks qui ont été écoulés", a pour sa part commenté Luc Chatel, président de la plateforme automobile (PFA), qui regroupe les entreprises de la filière française, sur BFM Business.
À ces nuances près, le marché s’est indéniablement redressé par rapport à l’effondrement de la demande observé les mois précédents. Et pour cause : juin est le premier mois qui ne compte aucun jour de confinement, mesure qui avait paralysé les réseaux de concessionnaires – donc empêché l’activité commerciale – du 17 mars au 11 mai. Les immatriculations de VP se sont effondrées de 72%, 89% et 50% respectivement en mars, avril et mai. La part des constructeurs français (PSA et Renault) s’est redressée, passant de 55% en mai à 59% en juin.
Le déclin des motorisations diesel, structurel depuis plusieurs années en raison de la réglementation et de la désaffection des consommateurs, s’est confirmé, alimenté par le bonus écologique favorisant l’électrification. La part du diesel dans les immatriculations atteint 29% en juin, comme en mai. Au premier semestre, elle atteint 31%, un taux extrêmement bas : la part atteignait 34% pour l’année 2019, 39% en 2018 et… 57% en 2015. Les marques aux gammes électriques ou hybrides fournies, notamment asiatiques, ont largement profité de cette tendance, notamment le coréen Hyundai (+27,3%) et le japonais Toyota (+17%).
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