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Vivendi nomme une nouvelle directrice RSE
Mardi, le groupe de Vincent Bolloré a annoncé la nomination de sa directrice juridique, Caroline Le Masne de Chermont, comme directrice de la RSE et de la Compliance, en remplacement de Marie-Annick Darmaillac, partie à la retraite. Elle rapportera à Frédéric Crépin, secrétaire général et membre du directoire. "Conscient de son influence et de sa responsabilité", Vivendi s’est fixé trois engagements dans ce cadre : "promouvoir les talents, soutenir une création plurielle et ambitieuse, et répondre à l’urgence climatique".
Car le sujet est plus que jamais brûlant. Lors de la saison des assemblées générales du CAC 40, outre l’impact du Covid-19, la thématique RSE était omniprésente : les sociétés y ont consacré 15 % de leur présentation, contre 10 % l’an passé. BNP Paribas, Kering et Vinci sont même allés plus loin en faisant intervenir le directeur de la RSE. Unibail a de son côté lancé une politique appelée "Better Places 2030" dès 2016 - dont une réduction de 50 % de ses émissions carbone - et a été distingué le mois dernier par ISS, qui lui a attribué une note B. Les entreprises répondent aux sollicitations pressantes d’actionnaires qui ne sont plus focalisés que par le montant du dividende : près d’un quart du temps des questions des actionnaires du CAC 40 et du Next 80 portait sur la RSE. Un besoin encore plus pressant dans les secteurs bancaires et de l’énergie, puisqu’il a concentré la moitié des questions, dans des secteurs où l’énergie propre ou l’investissement socialement responsable sont les enjeux majeurs de demain. Enfin, douze entreprises du CAC 40 ont fait adopter leur fameuse raison d’être lors de leur AG, soit dix de plus sur un an.
Mais derrière ces engagements forts et cette communication impeccable, se cache une grande disparité entre les accomplissements des sociétés cotées, et en particulier du CAC 40. Impak, l’agence de notation extra-financière, a ainsi mis en place un indice du CAC 40 appelé Impak French 40, et qui est assez sévère sur les poids lourds de la cote parisienne : elle leur attribue un score total de 215 sur 1 000 à mai 2020. En tête figurent Schneider Electric (432), suivi de Legrand (339) et (338). Parmi les derniers de la liste, on retrouve sans surprise Total dont l’impact positif est évalué à zéro, mais aussi Pernod Ricard, sanctionné pour sa gouvernance, ou encore Safran et Crédit Agricole.
Pour mettre en œuvre de vrais changements, la solution passe aussi par accorder un vrai statut au rôle de directeur/directrice de la RSE. Ceux-ci sont encore rattachés à la direction de la communication chez 20 % des membres du CAC 40, signe d’un manque de considération. Seules 11 sociétés de l’indice ont intégré ce rôle dans leur comité de direction, si bien qu’il y a encore du travail à faire. Pour ce faire, l’engagement du patron pour faire bouger les lignes au plus haut de l’entreprise, mais aussi faire évoluer les process et modes de production en faveur d’un état d’esprit plus durable, est essentiel. Emmanuel Faber l’incarne de façon très marquée chez Danone. Une source d’inspiration pour les autres membres du CAC 40, qui viennent d’avoir la preuve en AG que rendement et responsabilité ne sont plus dissociables.
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