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Macron a mis fin à son quinquennat !

Politique économique / Emmanuel Macron / Jean Castex

Politique économique
Emmanuel Macron / Jean Castex

Macron a mis fin à son quinquennat !

En repoussant à nouveau « aux calendes grecques » la réforme des retraites, la réforme constitutionnelle et en laissant planer un doute sur les baisses d’impôt sur les sociétés, Emmanuel Macron a laissé entendre que Jean Castex était là pour expédier les affaires courantes jusqu’aux présidentielles.
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron

C’est le "En même Temps" cher à Emmanuel Macron. Lors de son interview du 14 juillet, le Chef de l’État a fait, comme jamais, l’éloge du temps long. Et en cela il avait raison. Ce qui ouvre la porte à la nomination, sans doute vendredi prochain de François Bayrou, comme Haut-Commissaire au Plan, en dépit de ses affaires judiciaires. Mais lors de cette même interview le Président de la République a laissé entendre que plus aucune réforme structurelle qui émaillait son programme de 2017 ne serait lancée. Quant à la réforme des retraites elle verrait le jour "entre maintenant et les calendes grecques". Cela, même si les partenaires sociaux sont convoqués par Jean Castex vendredi prochain pour évoquer un éventuel calendrier.

Celui qui s’était présenté – à juste titre – comme le Président réformateur, une forme de nouveau Mendès-France, désireux de faire rattraper au Pays tout le retard accumulé depuis trente ans, a donc acté d’une certaine manière qu’il inaugurerait les chrysanthèmes au cours des 600 prochains jours. Le quinquennat Macron, de fait, n’aura donc duré que trois ans. Et il aura été porté par l’énergie réformatrice d’Édouard Philippe, davantage que par celle d’un chef de l’État qui s’est progressivement "chiraquisé" en constatant l’importance des fractures de la société française.

Alors que restera-t-il de ce quinquennat qui devait remettre le pays en ordre de marche ? Des ordonnances travail bien légères. La transformation d’ISF en IFI et l’instauration d’une flat tax sur les revenus et les plus-values issus des placements. La loi Pacte. Une très bonne réforme de l’assurance-chômage qui n’aura pas servi à grand-chose puisqu’elle est mise entre parenthèses. Mais pas de réforme des retraites comme cela était promis. Pas de réforme constitutionnelle qui était la pierre d’angle du programme présidentiel et qui était le gage donné en contrepartie du ralliement de François Bayrou. Pas de remise en ordre de finances publiques et notamment une incapacité à réduire les dépenses de l’état – avant la crise du Covid.

Le bilan de ce quinquennat de trois années est donc bien maigre. Bien sûr Emmanuel Macron a renoué avec une politique de l’offre qui avait montré son efficacité avant le Covid en créant 500.000 emplois. Bien sûr, il a refait de la France un pays où ce n’est pas un crime d’entreprendre et de créer de la richesse. Bien sûr il a retracé une politique européenne, nécessaire face à l’abandon du multilatéralisme par le locataire de la Maison Blanche, tout en se heurtant à l’inertie de cet ensemble de 27 pays, aux prises avec la crise du Brexit puis celle du Covid.

En dehors de cela, Emmanuel Macron a davantage endossé les habits de Jacques Chirac que ceux de Nicolas Sarkozy, de François Mitterrand, de Valéry Giscard d’Estaing ou de son mentor, François Hollande. Comme Jacques Chirac, pourtant élu en 2002 avec 82 %, des voix, "il n’a pas su réconcilier les français", il a échoué à les faire abandonner leurs "passions tristes" chères à Spinoza. Et de peur de mettre les français face à face, il a préféré tirer un trait sur son ambition réformatrice. Tout en affaiblissant l’autorité de l’état. Fin août 44, alors que le Général de Gaulle installe son pouvoir à Paris, il lui parait élégant de recevoir Albert Lebrun, le dernier président de la défunte troisième République. Après un entretien inodore, incolore et sans saveur, il le raccompagne à la sortie de son bureau. Et refermant la porte s’exclame : "pour qu’il fût un Chef d’état, encore fallut-il qu’il y eût un état et qu’il fût un Chef" … Les mois qui viennent diront si cette sentence très gaullienne vaut aussi pour Emmanuel Macron.

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