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Schneider Electric
Schneider affiche sa confiance
Schneider avait démontré une certaine résistance pendant la crise sanitaire, que ce soit à travers son chiffre d’affaires au premier trimestre ou dans sa capacité à mener à bien des acquisitions significatives servant sa stratégie. Ses résultats semestriels, publiés hier, étaient donc une excellente manière d’évaluer ses capacités de survie au plus fort de la tempête – le deuxième trimestre.
Force est de constater qu’elles sont élevées. Sans être immunisé aux conséquences du confinement, le spécialiste des équipements électriques pour l’énergie et l’industrie affiche des résultats meilleurs qu’attendus. Son chiffre d’affaires a reculé de 10% à taux et change constants (à 11,6 milliards d’euros), alors que le consensus des anticipations des analystes ressortait à 11,2 milliards (correspondant à une baisse de 13,5%). Ses deux pôles d’activité ont été affectés : Gestion de l’énergie (-11% à 8,8 milliards d’euros) et Automatismes industriels (-9% à 2,8 milliards).
On aurait pu s’attendre à pire dans cette dernière activité, mais les choix stratégiques de Schneider, à bon escient donc, lui ont permis d’amortir le choc. "L’activité Automatismes industriels est, en général, affectée davantage par un retournement de l’économie, en raison de son exposition à 50% aux marchés à cycle court, cette fois-ci la baisse est moins prononcée grâce aux revenus en Logiciels & services, qui se sont révélés plus résistants (-1% au premier semestre)", explique le bureau d’analyse indépendant Alphavalue. Le choix de développer sa présence dans ces activités liées aux nouvelles technologies se révèle donc judicieux : il avait déjà permis de limiter la casse au premier trimestre dans ses deux pôles d’activités, au cours duquel le chiffre d’affaires de Logiciels & services avait progressé de 3,4%.
La marge opérationnelle ajustée a également dépassé le consensus (13,6% contre 11,6%), tandis que "malgré des stocks en augmentation, Schneider affiche un free cash-flow élevé à 1 milliard d’euros, grâce à une gestion efficace du BFR", souligne Alphavalue. Le bénéfice net a reculé de 22% à 775 millions d'euros. "Au premier semestre, notre organisation multi-locale et par pays nous a permis d'agir au plus près du terrain pour réaliser des économies tactiques. Notre implantation géographique équilibrée nous a également permis de résister à des ralentissements majeurs", résume Jean-Pascal Tricoire, PDG du groupe.
Schneider reste prudent pour le second semestre, en particulier en raison de l’évolution de la situation sanitaire aux État-Unis et en Inde, et la possibilité de deuxièmes vagues de contamination et de mesures de reconfinement. Mais il estime que son activité en Chine devrait progresser d’au moins 10%, comme au deuxième trimestre.
Du coup, après avoir suspendu ses objectifs en mars au début du confinement, Schneider en a rétabli – une décision rare depuis le début de la saison de publications des résultats semestriels. Il anticipe pour 2020 une baisse du chiffre d'affaires comprise entre 7 % et 10% en organique, et une marge d'EBITA ajusté entre 14,5% et 15%. Et le groupe maintient son ambition d'une marge de 17% d'ici 2022. Le programme d'efficacité opérationnelle lancé en 2019 sera accéléré au second semestre, pour atteindre environ 1 milliard d'euros entre 2020 et 2022, a indiqué la directrice financière Hilary Maxon, sans toutefois donner les conséquences en termes d’emploi.
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