Publications, Résultats / Schneider Electric / Jean-Pascal Tricoire
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Schneider Electric / Jean-Pascal Tricoire
Schneider a tout bon sauf pour ses rachats d’actions
Il était temps. Après une baisse de plus de 18 % de son titre depuis le début de l’année, Schneider Electric voit sa valeur enfin rebondir ce matin, de près de 5 %, à l’occasion de la publication de sa situation trimestrielle. Une situation qui fait apparaître une croissance de 7,2 % de son activité au cours du seul troisième trimestre.
Comme c’est son habitude, depuis plusieurs années, Schneider voit la croissance de son activité s’inscrire à deux chiffres au cours des trois derniers mois (+ 11 %). Alors que le rythme des ventes a été plus modéré en Europe de l’Ouest (+ 3 %). Ce sont les deux métiers cœurs de Schneider Electric, la gestion de l’énergie et les automatismes industriels, qui enregistrent la meilleure performance.
Tout cela amène naturellement Jean-Pascal Tricoire à être très optimiste sur l’ensemble de l’année. Si l’on se fie à ses déclarations, le groupe vise une croissance organique du résultat opérationnel comprise entre 8 et 9 % au lieu d’une fourchette de 7 à 9 % précédemment. Cela grâce à une activité toujours soutenue qui devrait déboucher sur un chiffre d’affaires proche de 6 %.
Il est regrettable qu’une grande partie des efforts déployés par l’entreprise servent à faciliter par Schneider le rachat de ses propres actions. Depuis mi 2017, Schneider a acquis pour 730 millions d’euros de ses propres titres, dont 390 millions d’euros consommés au cours des trois derniers mois de l’année. L’objectif des dirigeants est d’acquérir au total pour un milliard d’euros d’actions Schneider d’ici mi 2019.
Ce malthusianisme est difficilement compréhensible de la part d’une société en forte croissance. Les actionnaires n’attendent pas qu’on leur rende de l’argent (ce qui signifie : on n’a pas de projet de création de valeur pour vous). Ils auraient préféré que ce milliard soit consacré à des opérations de croissance externe opportunistes, pour consolider la croissance des années à venir. Il est dommage de se donner tant de mal pour dégager des résultats supérieurs aux estimations et en même temps pour détruire des fonds propres si durement constitués. Mais c’est là l’influence néfaste des investisseurs internationaux sur un nombre croissant de groupes cotés.
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