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Schneider Electric / Jean-Pascal Tricoire / Peter Herweck / électrification / efficacité énergétique
Jean-Pascal Tricoire prend de la hauteur chez Schneider Electric / Peter Herweck va prendre les commandes opérationnelles
"Cela fait vingt ans que je suis à la tête du groupe". Jean-Pascal Tricoire, qui présentait jeudi les résultats 2022 de Schneider Electric, s’apprête à tourner une page importante. Il ne sera plus président-directeur général de Schneider Electric à compter du 4 mai prochain, mais uniquement président. Une prise de recul à laquelle le géant mondial de la gestion de l’énergie et des automatismes avait préparé les esprits en 2021 lorsque son conseil d’administration avait pris la décision de mettre en œuvre la dissociation des fonctions de président-directeur général dans les quatre ans.
Nommé directeur général délégué de Schneider Electric en 2003, Jean-Pascal Tricoire a succédé en 2006 à Henri Lachmann à la tête de l’entreprise. Un choix qui s’est avéré porteur, alors que la durée de son règne dépasse celle du prédécesseur d’Henri Lachmann, Didier Pineau-Valencienne, qui a dirigé l’entreprise de 1980 à 1999. Ingénieur électronicien de formation, passé par l’université américaine, Jean-Pascal Tricoire a largement conduit sa carrière chez Schneider Electric hors de France, en particulier en Chine. Le pays, où le dirigeant s’est installé (à Hong Kong), depuis 2011, est d’ailleurs devenu le deuxième de l’entreprise en termes d’activité, derrière les Etats-Unis.
Capitalisation boursière multipliée par sept
"En vingt ans, nous avons multiplié la taille du groupe par quatre, la capitalisation boursière par sept (à 88 milliards d’euros) et nos investissements en R & D par quatre", a-t-il souligné, dressant le bilan de son action. Sous sa direction, le profil de l’entreprise a été transformé vers l’efficacité énergétique et le digital. Une orientation qui a pris une dimension supplémentaire lorsque le groupe a acquis l’an dernier l’intégralité de l’éditeur britannique de logiciels Aveva. Le digital représente aujourd’hui 15 milliards d’euros du chiffre d’affaires de Schneider Electric.
Le choix de Peter Herweck, l’actuel directeur général d’Aveva pour prendre la succession de Jean-Pascal Tricoire, s’est imposé naturellement. Ingénieur électronicien lui aussi, de nationalité allemande, Peter Herweck dirige l’activité mondiale d’automatisation industrielle de Schneider Electric et siège au comité exécutif de l’entreprise depuis 2016. "Son expérience dans le domaine des logiciels et de l’automatisation s’accompagne d’un engagement fort pour les valeurs, la culture et l’ambition de notre groupe de devenir une entreprise à impact ", a souligné Jean-Pascal Tricoire. Pourquoi maintenant ? "Nous sortons de trois années de crise durant lesquelles nous avons renforcé la présence de Schneider Electric sur nos marchés à forte traction que sont l’efficacité énergétique, la digitalisation, du conseil en développement durable, l’électrification ", a souligné le dirigeant, qui a conscience de " passer les clés à un moment où les marchés sont extrêmement dynamiques".
Une stratégie qui porte ses fruits
L’an dernier, Schneider Electric a vu son chiffre d’affaires progresser en données organiques (à périmètre et taux de change constants) de 12,2 %, à 34,2 milliards d’euros. En termes de rentabilité, le résultat opérationnel (Ebita) ajusté s’est établi à 6,02 milliards d’euros, en hausse organique de 14,4 % tandis que le résultat net a augmenté de 16 %, à 3,97 milliards d’euros. Des performances supérieures aux attentes, alors que le consensus des analystes visait un résultat net de 3,6 milliards d’euros, un Ebita de 5,9 milliards d’euros et un chiffre d’affaires de 33,6 milliards d’euros.
Pour 2023, le groupe anticipe une hausse organique de son résultat opérationnel ajusté comprise entre 12 % et 16 % avec une croissance organique de son chiffre d’affaires comprise entre 9 % et 11 %. "Des prévisions supérieures à celles de tous ses concurrents du secteur de l’électrification, à l’exception de Siemens", soulignent les analystes de Credit Suisse.
A leurs yeux, "il s’agit là d’une preuve évidente que la stratégie de Schneider, axée sur l’efficacité énergétique, la numérisation et les logiciels, porte ses fruits, ce qui devrait se poursuivre compte tenu de l’attention portée à l’échelle mondiale à ces domaines et des dernières initiatives gouvernementales telles que l’Inflation Reduction Act (IRA) américain et le Green Deal Industrial Plan (GDIP) européen". Et avec la nomination de Peter Herweck comme nouveau directeur général à partir de mai 2023, Schneider Electric sera on ne peut mieux armé pour saisir l’opportunité de "l’électricité 4.0".
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