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STMicroelectronics / jean-marc chery / numérisation / Automobile / électrification / semi-conducteurs

STMicroelectronics crée la surprise / Le champion franco-italien des puces se dirige vers une nouvelle année de croissance

Dans un marché des semiconducteurs qui tend à ralentir sur sa composante électronique grand public, STMicroelectronics continue à faire beaucoup mieux que tirer son épingle du jeu. Focalisé sur les métiers de l’électrification et de la digitalisation dans l’automobile et l’industrie, le groupe a dépassé les attentes au quatrième trimestre 2022, et ses prévisions pour 2023 surprennent très favorablement.
Jean-Marc Chery, président du directoire et directeur général de STMicroelectronics - Francois HENRY/REA
Jean-Marc Chery, président du directoire et directeur général de STMicroelectronics - Francois HENRY/REA

Un parfait contre-pied. Les faibles résultats du concurrents américain Texas Instruments dévoilés cette semaine et les commentaires que STMicroelectronics avaient tenu il y a trois mois sur le ralentissement de sa propre croissance incitaient à la prudence. Le fabricant franco-italien de semi-conducteurs a remis jeudi les pendules à l’heure en présentant des résultats meilleurs qu’attendu et des perspectives plus que rassurantes. Favorisés par la digitalisation, ses marchés clés de l’automobile et de l’industrie continuent, et continueront encore cette année, à plus que compenser le fléchissement du marché de l’électronique grand public et des périphériques informatiques.

Pour ce qui est du quatrième trimestre 2022, la robustesse des ventes, mais surtout des marges, s’est révélée plus importante qu’anticipé. Au cours des trois derniers mois de 2022, le groupe dirigé par Jean-Marc Chéry a réalisé un chiffre d'affaires de 4,42 milliards de dollars, en amélioration de 24,4% sur un an. Le résultat d’exploitation a bondi de 45,4% pour s’établir à 1,29 milliard de dollars, contre 885 millions de dollars au quatrième trimestre 2021, soit une augmentation de 420 points de base de la marge d’exploitation, passée de 24,9% à 29,1% en un an. Par rapport aux prévisions des analystes, "le chiffre d'affaires et le résultat d’exploitation ont dépassé de 1% et de 4% respectivement les attentes du consensus Visible Alpha", note le courtier Stifel.

 

Dichotomie des marchés

 

L’analyse des performances par division illustre bien la dichotomie des marchés, entre les secteurs clés qui dépassent les attentes, et les autres, plus en retrait. "Le chiffre d'affaires du quatrième trimestre a été principalement tiré par l'automobile, qui a progressé de 38% par rapport à l'année précédente et 4% au-dessus du consensus, et par les microcontrôleurs et les circuits intégrés numériques, en hausse de 29,1% et 2% supérieurs au consensus", notent ainsi les analystes d’UBS. A 27,7%, la marge d’exploitation de la division "produits automobiles et discrets" (ADG) a également nettement dépassé le consensus de 24,8%.

"Dans le secteur de l’automobile, nous avons de nouveau enregistré une demande sans précédent dans toutes les zones géographiques, sous l’effet de l’omniprésence croissante des semi-conducteurs, de la transformation structurelle [en lien avec l’électrification des véhicules] et de la reconstitution des stocks", a commenté Jean-Marc Chéry, le directeur général du groupe, lors d’une conférence avec les analystes. La reconstitution des stocks des constructeurs automobile se poursuit après la grave pénurie mondiale de semi-conducteurs subie depuis deux ans et qui n’a pas totalement fini de se résorber.

A la pointe de la numérisation de l'automobile, le groupe a remporté des contrats prometteurs, à l’image du partenariat noué avec Volkswagen pour le codéveloppement de puces sur mesure dédiées à ses véhicules. Par ailleurs, "nous avons continué à accroître l'ampleur de nos activités dans le domaine des capteurs inertiels pour l’automobile, avec une croissance de plus de 40 % d'une année sur l'autre", a indiqué Jean-Marc Chéry. En parallèle, "dans le secteur industriel, la demande a également été très forte tout au long de l'année, en particulier dans les domaines de l'énergie et de l'électricité, de l'automatisation des usines et de la robotique, ainsi que de l'infrastructure industrielle", a-t-il également souligné.

 

Fléchissement chez Apple

 

En revanche, les ventes de la branche AMS, qui regroupe les produits analogiques, "MEMS" et capteurs, bien qu’en hausse de 7%, sont ressorties inférieures de 5% aux attentes, "probablement en raison des perturbations de production chez Apple", note le courtier Oddo BHF. Illustration du fléchissement du marché de l’électronique grand public, mais qui ne fait que confirmer le bien fondé de la concentration du groupe sur les métiers de l’électrification et de la digitalisation dans l’automobile et l’industrie.

Ce positionnement sectoriel stratégique décidé il y a plusieurs années se reflète pleinement dans les perspectives annoncées pour 2023. Pour le premier trimestre, le groupe prévoit un chiffre d’affaires de 4,2 milliards de dollars, en hausse de 18,5 % en variation annuelle et s’estime en mesure d’atteindre une marge brute d’environ 48%. Des prévisions "supérieures à celles de ses concurrents et bien meilleures que ce que l’on craignait", observe Stifel, alors que les analystes tablaient en moyenne sur des ventes de 3,8 milliards de dollars et une marge brute à 45,4%.

Sur l’ensemble de l’année, STMicroelectronics prévoit que son chiffre d’affaires devrait atteindre entre 16,8 milliards de dollars et 17,8 milliards de dollars, soit une hausse comprise entre 4% et 10%. Là aussi, une prévision supérieure aux attentes qui confirme que 2023 marquera bien une nouvelle année de croissance. Ce que la Bourse apprécie. L’action STMicroelectronics gagnait plus de 6% à 41,8 euros jeudi en début d’après-midi, en tête des plus fortes hausses du CAC 40.

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