Entreprises / Actions / STMicroelectronics / jean-marc chery / semi-conducteurs / carbure de silicium
Entreprises / Actions
STMicroelectronics / jean-marc chery / semi-conducteurs / carbure de silicium
STMicroelectronics tire son épingle du jeu grâce à l’automobile / Le groupe résiste à la faiblesse du marché des smartphones
La logique sectorielle l’emporte sur le cas par cas. Les inquiétudes sur le ralentissement du marché des semiconducteurs dans son ensemble ont fait chuter jeudi l’action STMicroelectronics. Son cours de Bourse a perdu près de 9% jeudi, quand bien même le fabricant franco-italien de semiconducteurs a enregistré des résultats supérieurs à ses attentes et aux anticipations des analystes au premier trimestre. Le groupe a aussi légèrement resserré vers le haut sa fourchette de prévision de chiffre d’affaires pour 2023, tablant désormais sur des revenus situés entre 17 milliards et 17,8 milliards de dollars, au lieu de 16,8 à 17,8 milliards d’euros prévus auparavant.
L’entreprise a réalisé sur le premier trimestre un chiffre d’affaires de 4,25 milliards de dollars, en hausse de 20% comparé à 3,55 milliards de dollars un an plus tôt, au-dessus des 4,2 milliards de dollars anticipés par le groupe lui-même et des 4,15 milliards de dollars attendus en moyenne par le consensus des analystes. De plus, la marge brute s’est hissée à 49,7%, également "nettement supérieure au consensus et aux prévisions, principalement grâce au mix produits dans un contexte de prix qui est resté favorable", observe le cabinet Oddo BHF.
Comment expliquer dans ce cas la déception des investisseurs ? Essentiellement par un contexte sectoriel défavorable. La publication trimestrielle de STMicroelectronics intervient après que l’américain Texas Instruments a notamment dévoilé deux jours plus tôt des prévisions décevantes, justifiées par une faible demande sur la plupart de ses marchés. Qui ne sont toutefois pas exactement les mêmes que ceux de STMicroelectronics.
"Que le marché de l’électronique grand public, autour notamment du smartphone et du PC, soit encore en phase de correction des stocks sur toute la chaîne de valeur n’est pas une surprise", explique à WanSquare Jean-Marc Chéry, le président du directoire et directeur général de STMicroelectronics. La demande n’est pas revenue à ses niveaux atteints en 2021 et début 2022 lorsqu’elle s’était fortement accrue à la suite de l’explosion des achats d’ordinateurs, de téléphones ou encore de consoles de jeux, dans un contexte de généralisation du télétravail et de mises en place de restrictions de mouvements de population.
Et, alors que le déblocage par la Chine de ses mesures de confinement au début de cette année a provoqué une forme d’euphorie sur le fait que les choses allaient redémarrer rapidement dans l'électronique grand public sur la deuxième partie de l’année, ce qui voulait dire à partir du deuxième trimestre en termes de demandes pour les semiconducteurs, "il s’avère dans les faits que ce n’est pas le cas", ajoute le dirigeant.
L’effet prix sera neutre
Pour autant, les effets de cette situation sur STMicroelectronics s’avèrent relativement limités, grâce au virage stratégique opéré il y a plusieurs années maintenant par le groupe sur les marchés de l’automobile et de l’industrie. Dans l’automobile, la demande de semiconducteurs est bien sûr portée par l’essor du véhicule électrique, "mais également le dynamisme des systèmes électroniques classiques et les changements d’architecture qui peuvent y être associés", rappelle Jean-Marc Chery. Côté industriel, "tout le secteur lié aux énergies renouvelables et au stockage de l’énergie connaît également une dynamique extrêmement forte", ajoute le dirigeant.
Ce qui se vérifie dans les chiffres. Par division, "les ventes du premier trimestre 2023, ont été principalement tirées par l'automobile, qui a progressé de 44% en glissement annuel et par les microcontrôleurs et les circuits intégrés numériques, tandis que le pôle Analogique, MEMS et Capteurs a diminué de 1% en glissement annuel, soit 3% au-dessous du consensus, ce qui est probablement dû à la faiblesse de l'environnement pour les produits grand public et les smartphones", observent les analystes d’UBS. Deux des trois marchés sur lesquels évoluent le groupe continuent ainsi à tirer sa croissance, qui ne doit en outre quasiment rien à la hausse des prix.
"Sur l’ensemble de l’année, en moyenne, le facteur prix sera neutre", atteste en effet Jean-Marc Chery. En revanche, "le principal facteur qui contribue favorablement en termes de revenus (en valeur), est le mix, à la fois le mix par marché, avec les secteurs de l’automobile et l'industriel qui croissent plus vite, mais aussi, à l’intérieur de chaque marché, la voiture électrique et le secteur industriel professionnel sont deux segments qui confèrent un effet de cliquet supplémentaire", explique le dirigeant.
Dans l’automobile justement, Wolfspeed (ex Cree), spécialiste américain des composants en carbure de silicium, matériau central dans la montée en puissance du véhicule électrique, a certes inquiété en annonçant mercredi des prévisions inférieures aux anticipations. Mais cela ne remet évidemment pas en question les perspectives de ce marché incontournable dans lequel STMicroelectronics investit fortement, et dont le groupe est leader avec près de 40% de part de marché. "Notre développement devrait nous amener à un chiffre d’affaires dans le carbure de silicium à 2 milliards de dollars en 2025 ou 2026 et 5 milliards de dollars quand le marché aura atteint 15 milliards de dollars. C’est notre feuille de route ", a rappelé jeudi Jean-Marc Chery.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

