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STMicroelectronics / jean-marc chery

L’automobile, fer de lance de STMicroelectronics / Au milieu des aléas, la montée en puissance se poursuit

Entre des résultats plus solides qu’attendu au troisième trimestre, et des prévisions de marge et de chiffre d’affaires un peu en-dessous des attentes au quatrième, STMicroelectronics a soufflé le chaud et le froid. Mais sans perturber la trajectoire de croissance vers les 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires, portée par un marché automobile en pleine transition électrique.
Jean-Marc Chéry, président du directoire et directeur général de STMicroelectronics - Photo by Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Jean-Marc Chéry, président du directoire et directeur général de STMicroelectronics - Photo by Ludovic MARIN / POOL / AFP)

Une interprétation de résultats en deux temps, avec un positif qui l’emporte malgré une certaine incertitude quant aux perspectives 2024. Commencer la journée en baisse de plus de 4% pour la finir en hausse de 5%, puis céder à nouveau un peu de terrain le lendemain (le cours cède 2,3% ce vendredi), la volatilité de l'action STMicroelectronics traduit les hésitations des investisseurs à la lecture de la publication jeudi des comptes du troisième trimestre du fabricant franco-italien de semiconducteurs.

Tant le chiffre d’affaires de 4,43 milliards de dollars, en hausse de 2,4% par rapport aux 4,33 milliards de dollars du deuxième trimestre, que la marge brute de 47,6% des ventes ont été plutôt bien accueillis, les deux indicateurs se situant légèrement au-dessus des attentes. De même, le résultat d’exploitation de 1,24 milliard de dollars, soit une marge de 28%, et le bénéfice par action de 1,16 dollar par action, ont dépassé le consensus des analystes, qui se situait à 1,19 milliard de dollars et 1,09 dollar respectivement.

Une performance principalement liée au dynamisme des activités du groupe dans l’automobile, reflété dans le bond de près de 30% des ventes de la division Produits automobiles et discrets (ADG). En comparaison, le chiffre d’affaires de la branche MDG des Microcontrôleurs et Circuits intégrés numériques, très liée à l’industrie (hors automobile), a légèrement progressé (de 2,8%), alors que la morosité du marché de l’électronique grand public a pesé, mais sans surprise, sur les ventes des Produits analogiques, MEMS et Capteurs (AMS).

 

Réservations de capacités

 

Le fait est que le secteur automobile a profité cette année de plusieurs phénomènes qui se superposent. Outre la dynamique de la demande des semi-conducteurs liée à la mobilité électrique et à la digitalisation de l'architecture du véhicule, la demande est soutenue par la (re)constitution de stocks par les clients du secteur, qui s’efforcent de rattraper le retard pris lors de la grande pénurie mondiale de semi-conducteurs post-pandémie. Tendance encore amplifiée par des réservations de capacités de ces donneurs d’ordres auprès de leurs fournisseurs, dont STMicroelelectronics est l’un des plus sollicités.

Et pour cause. "Nous bénéficions de la largeur de notre portefeuille. STMicroelectronics produit tous les composants électroniques utilisés dans l'automobile : nous fabriquons des microcontrôleurs, des composants de puissance, des composants analogiques, des capteurs… Et lorsque nous ne le faisons pas nous-même, nous les développons en partenariat, notamment certains composants digitaux très avancés, comme ceux produits avec Mobileye", la filiale d’Intel spécialisée dans les systèmes avancés d’aide à la conduite, rappelle à WanSquare Jean-Marc Chéry, le président du directoire et directeur général de STMicroelectronics.

Une partie de ces causes vont progressivement s’estomper cependant. Et à la question de savoir quelle sera la tendance pour la fin de l’année et 2024, les indications données par le groupe laissent une impression mitigée. Pour le quatrième trimestre 2023, STMicroelectronic anticipe un recul de 3% de son chiffre d’affaires, ce qui aboutira sur l’ensemble de l’année à des ventes de 17,3 milliards de dollars, "légèrement inférieures à nos prévisions", notent les analystes de Jefferies. De même, la marge brute estimée à 46% au quatrième trimestre, va s’inscrire "en-dessous des 47,6% du troisième trimestre, de nos prévisions et des attentes du marché", ajoutent-ils.

 

Point bas

 

L’explication du tassement de la marge à court terme se situe pour l’essentiel dans le recul de l’activité électronique grand public (notamment l'industrie des smartphones). "Nous l’avions anticipé, nos clients grands compte ayant une gestion tout à fait adéquate et prévisible avec leurs fournisseurs, ce qui nous a permis d’agir sur notre supply chain et de nous adapter", explique Jean-Marc Chéry. "Cela a donc généré des coûts de non-utilisation de nos usines, mais nous pensons que le point bas a été touché entre le troisième et le quatrième trimestre", précise le dirigeant.

Quant à la prévision annuelle de chiffre d’affaires, elle représente "7 % de croissance dans un marché qui n'aura quasiment pas cru", souligne-t-il. Sachant que dans le même temps, "nous aurons continué d’investir environ 4 milliards de dollars cette année, en poursuivant l'exécution de nos programmes stratégiques". Que ce soit pour la méga-usine commune avec l’américain et GlobalFoundries à Crolles, dans la banlieue de Grenoble, ou la mégafab du site de Catane, en Sicile, qui sera dédié à la production de puces en carbure de silicium, matériau clé de l’amélioration des performances des véhicules électriques, entre autres. Des développements majeurs qui soutiennent l’objectif, inchangé, d’atteindre les 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires d’ici 2025 à 2027.

A plus court terme, le groupe ne fournit pas à ce stade de prévisions pour 2024. Pour autant, il s’attend à ce que l’activité dans l’automobile reste en croissance significative. Si le volume de véhicules ne devrait pas beaucoup progresser, en revanche, le mix va changer, avec un nombre de véhicules électriques plus important. Or, le contenu en semi-conducteurs est plus important dans les véhicules électriques, notamment en composants de puissance, justement au cœur de la stratégie de STMicroelectronics.

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