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STMicroelectronics est le nouveau leader mondial des microcontrôleurs
La vision et la persévérance ont payé. Depuis la décision prise il y a plus de dix ans par STMicroelectronics de développer cette ligne de produits en partenariat avec l'expert en microarchitecture électroniques ARM, le chemin parcouru est immense. De la douzième place en 2007, le groupe franco-italien s’est hissé au premier trimestre 2022 au premier rang du marché en plein essor des microcontrôleurs à usage globaux, dont il était devenu numéro deux il y a quatre ans.
"Les microcontrôleurs sont les composants au cœur de la digitalisation de l’électronique embarquée et de l’internet des objets", rappelle à WanSquare Jean-Marc Chéry, président du directoire et directeur général de STMicroelectronics. Sur ce marché, le groupe détient désormais "plus de 20% de parts de marché et fournit plus de 100 000 clients", indique le dirigeant. Pour la première fois, STMicroelectronics devance ainsi l’américain Microchip, le japonais Renesas occupant la troisième place du marché.
L’entreprise doit une partie de son solide début d’année à cette "success story". Ses ventes globales ont grimpé de 17,6% au premier trimestre, à 3,55 milliards de dollars, contre 3,52 milliards de dollars anticipé par les analystes selon le consensus Factset. L’écart avec les attentes est significatif aussi sur la rentabilité. La marge brute s'est établie à 46,7 %, nettement supérieur au consensus de 45%, "principalement en raison de l'amélioration du mix de produits et de l’évolution favorable des prix", note le courtier Oddo BHF.
La seule division "Microcontrôleurs et circuits intégrés numériques" a vu ses ventes grimper de 35,2% par rapport au premier trimestre 2021, 12% au-dessus des attentes, avec une marge d’exploitation de 34%, contre 26% anticipé par le consensus.
Ce dynamisme a permis de totalement compenser la réduction temporaire des activités du site de production de Shenzhen en Chine due à la pandémie. "Les restrictions sanitaires à Shenzhen ont représenté l’équivalent de deux semaines de perte de production, ce qui correspond à plusieurs dizaines de millions de dollars de perte de revenus", essentiellement dans les composants pour l’automobile et le secteur industriel, indique à WanSquare le président du directoire de l’entreprise.
A court terme, STMicrolectronics s’attend à poursuivre sur sa lancée. Le groupe vise un chiffre d’affaires de 3,75 milliards de dollars et une marge brute d’environ 46% au deuxième trimestre. Ces perspectives dépassent le consensus Bloomberg de 5% pour le chiffre d’affaires et de 9% pour la marge brute.
Le non-relèvement à ce stade de l’objectif de chiffre d’affaires pour 2022 compris entre 14,8 et 15,3 milliards de dollars est justifié par une certaine prudence dans un environnement incertain. "Lorsque les capacités de production sont saturées - comme c’est le cas actuellement, chaque événement susceptible de stopper la production a malheureusement un impact immédiat.", explique Jean-Marc Chéry. Toutefois, "le haut de la fourchette est atteignable", estime de son côté Oddo BHF.
Pour autant, le point médian des prévisions de chiffre d’affaires du groupe sur l’ensemble de l’année, qui s’établit à 15,1 milliards de dollars, "représente quasiment 19% de hausse après les presque 25% de croissance enregistrés l’année dernière", souligne Jean-Marc Chéry. "Dans un marché que nous servons qui est supposé croître de l’ordre de 15 à 16% selon les dernières indications des analystes industriels, notre croissance devrait être encore supérieure à celle du marché, ce qui n’est absolument pas une indication conservatrice", observe le dirigeant.
Afin de répondre au mieux à la demande, notamment dans un secteur automobile toujours sous tension et dont les pénuries de puces ne sont pas encore résolues, le groupe a fortement accéléré ses dépenses d’investissements. Celles-ci ont plus que doublé à 840 millions de dollars au premier trimestre, contre 405 millions de dollars un an plus tôt.
L’automobile devrait continuer à tirer l’activité tout au long de l’année alors que la division "Produits automobiles et discrets" a généré la plus grosse part des ventes du groupe au premier trimestre, en hausse de 20,5% à 1,26 milliard de dollars.
Les prévisions de production automobile pour 2022 tablent sur 83 millions de véhicules produits dont 7 millions de véhicules électriques, soit une croissance d’environ 7% par rapport à l’année dernière. "Mais le marché des semi-conducteurs lié à l’automobile devrait croître de façon un peu plus importante, sous les effets conjugués de la digitalisation accrue des véhicules et de l’électrification", explique Jean-Marc Chéry.
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