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ARM, plus grosse introduction au Nasdaq depuis Alibaba / L’enjeu de l’IA en toile de fond
ARM, le concepteur britannique de puces détenu par le groupe japonais Softbank pourrait bel et bien devenir la plus grosse introduction en Bourse de la Tech sur le Nasdaq depuis Facebook et Alibaba. Dans le formulaire F-1 qu’il a déposé lundi auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), l’autorité américaine des marchés, Softbank révèle avoir racheté pour 16,1 milliards de dollars le quart du capital d’ARM qui était détenu dans son Vision Fund. Ce qui valoriserait donc le spécialiste des architectures pour semiconducteurs à plus de 64 milliards de dollars, soit le double du prix payé par Softbank pour l’acquérir en 2016.
Le montant correspond exactement à la fourchette de 60 à 70 milliards de dollars évoquée depuis plusieurs semaines par Bloomberg. Et, si Softbank n’a pas précisé combien de titres il comptait vendre lors de la mise en Bourse de sa filiale, le groupe japonais, qui s’est adjoint les services de Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Barclays et Mizuho Financial Group, pourrait lever entre 8 et 10 milliards de dollars selon l’agence.
Il s’agirait ainsi de la troisième plus importante IPO technologique après les 25 milliards de dollars d’Alibaba de 2014 et les 16 milliards de dollars de Facebook de 2012. Et de la plus grosse opération tout court de l’année sur un marché des introductions en Bourse toujours au ralenti depuis la pandémie, pénalisé par la remontée des taux et les incertitudes macroéconomiques.
Et ce pour une entreprise qui a généré l’an dernier des ventes de 2,68 milliards de dollars. Rapporté à la valorisation supposée de 64 milliards de dollars évoquée plus haut, le multiple de chiffre d’affaires s’établirait autour de 24 fois, ce qui est considérable, bien qu’en deçà du multiple de plus de 40 fois affiché, par exemple, par Nvidia. Ce dernier, spécialisé à l’origine dans la conception de processeurs pour cartes graphiques a vu sa capitalisation boursière flamber à plus de 1000 milliards de dollars avec l’envolée du marché des processeurs nécessaires à la création des plus puissantes intelligences artificielles (IA) dont il détient le quasi-monopole.
Marché adressable de plus de 200 milliards de dollars
Un marché gigantesque sur lequel ARM compte bien se faire une place également. La firme britannique ne fabrique certes pas de puces mais conçoit leur architecture qu’elle vend ensuite sous licence. Son marché adressable, que la société évaluait à 202,5 milliards de dollars en 2022, inclut toutes les puces pouvant contenir un processeur, soit les principales puces de contrôleur des smartphones, des PC, des téléviseurs numériques, des serveurs, des véhicules et des équipements réseau. Mais malgré la frénésie d'IA qui a conduit à une demande croissante de puces aptes à gérer cette technologie, ses ventes ont stagné l’an dernier.
Les processeurs d'ARM sont certes déjà utilisés pour exécuter des applications d'IA, notamment dans les smartphones, mais le groupe demeure relativement peu lié à l’essor de l’IA à ce stade. C’est tout l’enjeu de la stratégie mise en place sous la direction de René Haas, qui dirige l'entreprise depuis l'année dernière, cherchant à la développer au-delà du secteur des smartphones. Alors que les ventes de smartphones stagnent dans un contexte économique difficile, ARM cible ouvertement les marchés des ordinateurs personnels, des serveurs de centres de données et également de l'IA.
Et, "le CPU (processeur) est vital dans tous les systèmes d'IA, qu'il gère entièrement la charge de travail de l'IA ou en combinaison avec un coprocesseur, tel qu'un GPU (processeur graphique) ou un NPU (processeur réseau)", indique ARM dans son formulaire F-1 déposé auprès de la SEC.
L’IPO va ainsi donner à ARM l’opportunité de démontrer sa valeur et son potentiel en tant que puissance montante du marché de l’IA. Si le pari n’est pas gagné d’avance, à court terme en tout cas, le succès de l’opération semble assuré, les plus grands noms de la Tech se bousculant pour faire partie de l’aventure et obtenir une part du capital, parmi lesquels Amazon, selon Reuters et Bloomberg, ou encore Apple, Samsung, Nvidia et Intel selon la presse japonaise.
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