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IA ; Intelligence artificielle ; Goldman Sachs ; Marché du travail ; Emploi ; Automatisation ; ChatGPT

Macro-économie / Taux / IA / Goldman Sachs / marché du travail

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IA / Goldman Sachs / marché du travail

L’IA menacerait 300 millions d'emplois / Goldman Sachs y voit une occasion de doper la productivité

Un quart du travail actuel pourrait être automatisé avec de l’intelligence artificielle dans les économies développées, selon Goldman Sachs. La banque américaine estime aussi que ChatGPT et ses émules pourraient contribuer, à terme, à faire progresser de 7 % le PIB annuel.
ChatGPT est une IA générative développée par OpenAI (Mairo Cinquetti/ZUMA-REA)
ChatGPT est une IA générative développée par OpenAI (Mairo Cinquetti/ZUMA-REA)

Les cols blancs ont de quoi s’inquiéter. À l’instar de ChatGPT, les systèmes d’intelligence artificielle générative seraient sur le point d’entraîner une "perturbation majeure" du marché du travail, selon une étude de Goldman Sachs, à condition que les développeurs tiennent bien toutes leurs promesses.

"L’émergence récente de l’IA générative soulève la question de savoir si nous sommes à la veille d’une accélération rapide de l’automatisation des tâches qui permettra de réduire les coûts de main-d’œuvre et d’augmenter la productivité", expliquent Joseph Briggs et Devesh Kodnani, les auteurs de l’étude.

Pour l’instant, les progrès et le succès de l’IA générative – qui utilise des contenus existants au service de son apprentissage pour en générer de nouveaux – sont tels que Sam Altman, président d’OpenAI, l’entreprise qui a développé ChatGPT, s’inquiète de la rapidité avec laquelle certains emplois pourraient être remplacés dans un avenir proche.

 

300 millions d’emplois menacés

 

À partir de données disponibles en Europe et aux États-Unis, la banque américaine considère que deux tiers des emplois actuels sont susceptibles de connaître un certain degré d’automatisation, tandis que l’IA pourrait complètement automatiser un quart du travail actuel. Au total, près de 300 millions d’emplois à temps plein seraient ainsi menacés par l’automatisation liée à l’IA générative dans les économies développées, d’après Goldman Sachs.

Mais les hôtes de caisse ne sont plus les seuls à craindre de perdre leur emploi à cause de la technologie. Les professions administratives, juridiques et financières semblent particulièrement exposées à l’IA générative, alors que les secteurs à forte intensité physique, comme la construction ou l’entretien, le sont beaucoup moins.

Les estimations de la banque d’investissement suggèrent, en outre, que les pays émergents seraient moins exposés à l’automatisation que les économies développées, même si 18 % du travail pourrait être automatisé au niveau mondial.

 

Boost de productivité

 

Pour Goldman Sachs, la part importante de l’emploi exposée à l’automatisation par l’IA générative ne constitue en rien une menace. Au contraire, l’adoption généralisée d’une telle technologie permettrait d’améliorer la productivité du travail "dans les mêmes proportions que l’invention du moteur électrique ou de l’ordinateur personnel", prédisent les auteurs.

Dans la stricte conception schumpétérienne de destruction créatrice, les auteurs de l’étude considèrent que le déplacement des travailleurs dû à l’automatisation sera compensé par l’émergence de nouvelles professions. "La combinaison d’une réduction significative des coûts de main-d’œuvre, de la création de nouveaux emplois et d’une productivité plus élevée pour les travailleurs non déplacés laisse entrevoir la possibilité d’un boom de la productivité", estiment-ils.

"Très important mais aussi très incertain", ce boom de productivité représenterait un gain de 1,5 point de pourcentage par an sur une période de dix ans, selon la banque, avec des répercussions importantes pour la croissance économique mondiale, de l’ordre de 7 % supplémentaire pour le PIB mondial.

 

Un impact encore difficile à établir

 

"Bien qu’il subsiste de nombreuses incertitudes quant à la capacité et au calendrier d’adoption de l’IA générative, les récents développements suggèrent que l’IA est bien placée pour progresser rapidement et prendre de l’ampleur dans les années à venir", concluent les auteurs.

Une étude réalisée conjointement par OpenAI et l’université de Pennsylvanie estime de son côté que ChatGPT et les futurs outils "génératifs" qui en dériveront pourraient avoir un impact sur la moitié des tâches accomplies par environ 19 % des travailleurs américains tandis que 80 % d’entre eux verraient au moins 10 % de leurs tâches être réalisées par l’IA générative.

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