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Macro-économie / Taux / Grande démission / marché du travail / taux d'emploi / reprise économique

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Grande démission / marché du travail / taux d'emploi / reprise économique

Pas de "Grande démission" en France

S’il est élevé, le taux de démission dans l’Hexagone n’est guère inédit et traduirait davantage un phénomène cyclique qu’un bouleversement du rapport au travail, selon une étude de la Dares.
Restaurant à Paris - Mathilde MAZARS/REA
Restaurant à Paris - Mathilde MAZARS/REA

La "Grande démission" ne serait pas à l’œuvre dans le pays des Lumières. Ce phénomène, dont la presse économique fait ses choux gras depuis la reprise post-confinement aux États-Unis (à tort, selon une récente étude de la Réserve fédérale de San Francisco), serait le symptôme d’une modification du rapport au travail des Américains (le taux de démission est passé de 2,3% fin 2019 à 2,8% en juin 2022) à la suite de la crise pandémique.

En France aussi, le taux de démission a augmenté par rapport à l’avant-crise pandémique (il était de 2,7% au premier trimestre 2022 contre 2,3% au quatrième trimestre 2019). "Il est au plus haut depuis la crise financière de 2008-2009, mais reste en deçà des niveaux qu’il avait atteints juste avant, début 2008 (2,9 %). Sur les seules entreprises de 50 salariés ou plus, le taux de démission est actuellement parmi les plus élevés depuis 1993 : avec 2,1 %, il est toutefois inférieur à celui observé au début des années 2000 (2,3 % au 1er trimestre 2001)", explique dans une étude la direction de l'Animation de la recherche, des Études et des Statistiques (Dares), qui dépend du ministère du Travail. Pour autant, il n’y aurait pas de quoi s’inquiéter.

 

Fausse alerte ?

 

D’une part à cause de la dimension cyclique de cet indicateur, il n’y a donc rien de surprenant à ce qu’il soit donc une tendance ascendante alors que l’Hexagone connaît une reprise économique, bien que malmenée par la guerre en Ukraine. "Il est bas durant les crises et il augmente en période de reprise, d’autant plus fortement que l’embellie conjoncturelle est rapide. Durant les phases d’expansion économique, de nouvelles opportunités d’emploi apparaissent, incitant à démissionner plus souvent", analyse la Dares.

D’autre part, parce que la hausse des démissions ne va pas de pair avec des sorties du marché du travail. Le taux d’activité de la France (le nombre de personnes en emploi et de chômeurs rapporté à la population en âge de travailler) est passé de 72,8 % fin 2019 à 73,5% au deuxième trimestre 2022. "Le taux d’emploi est lui aussi plus élevé qu’avant crise et continue de progresser pour toutes les tranches d’âge fin 2021 et début 2022, en dépit de la nette augmentation du taux de démission", note la Dares qui ajoute qu’"une partie de la hausse récente du taux d’emploi provient des indépendants et des alternants. En les excluant, au premier trimestre 2022, le taux d’emploi dépasse néanmoins légèrement son niveau d’avant crise".

 

Les salariés se frottent les mains

 

Ce taux de démission élevé s'inscrit dans un contexte où les difficultés de recrutement des entreprises françaises sont massives, ce pour le plus grand bonheur des salariés : "les salaires d’embauche sont susceptibles d’augmenter, en particulier pour les personnes nouvellement démissionnaires", avance la Dares. Sans compter que certaines entreprises réalisent des concessions sur les conditions ou l’organisation du travail (télétravail) ou sur la forme des contrats d’embauche pour conserver ou attirer des salariés, nous apprennent les enquêtes Acemo-Covid de la Dares. 

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