Macro-économie / Taux / marché du travail / Emploi / Chômage / perspectives
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Les sombres perspectives de l’OIT pour le marché du travail / La croissance de l’emploi mondial réduite de moitié en 2023
Rares sont les institutions internationales à délivrer de bonnes nouvelles en ce début d’année. Dans son dernier rapport, l’Organisation internationale du travail (OIT) ne fait pas exception. On y apprend ainsi que la croissance de l’emploi devrait nettement ralentir cette année, à hauteur de 1 %, contre 2,3 % en 2022, une importante révision à la baisse de 0,5 point par rapport à la projection précédente, en raison notamment des conséquences de la guerre en Ukraine sur l’économie, du niveau élevé de l’inflation et du resserrement des politiques monétaires des banques centrales.
Aucune amélioration majeure n’est attendue pour 2024, avec une croissance qui devrait péniblement atteindre 1,1 %. Pire encore, les perspectives pour les pays à revenu élevé sont encore plus pessimistes, avec une croissance de l’emploi "proche de zéro". "Les prévisions de ralentissement de la croissance économique et de l’emploi en 2023 impliquent que la plupart des pays ne retrouveront pas complètement les niveaux d’avant la pandémie", souffle Gilbert Houngbo, directeur général de l’OIT.
Hausse du chômage mondial
L’organisation basée à Genève anticipe également une légère augmentation du chômage mondial cette année, d’environ 3 millions de personnes, pour atteindre un taux de chômage mondial de 5,8 %. Ces chiffres marquent une inversion de la dynamique baissière observée depuis 2020. Pour autant, le taux de chômage ne devrait rebondir que "modérément", une grande partie du choc étant absorbée par la baisse rapide des salaires réels sur fond d’inflation galopante, plutôt que par des suppressions d’emplois.
Par ailleurs, les femmes et les jeunes s’en sortent "nettement moins bien", signe des grandes inégalités qui persistent encore dans de nombreux pays. Au niveau mondial, le taux d’activité des femmes était légèrement inférieur à 50 % en 2022, contre plus de 70 % pour les hommes. C’est également très compliqué pour les jeunes (15-24 ans) dont le taux de chômage est trois fois plus élevé que celui des adultes.
La croissance de la productivité reste primordiale
Encore une mauvaise nouvelle, le ralentissement à long terme de la croissance de la productivité dans les pays avancés semble s’être propagé aux principales économies émergentes. "Cette situation est très préoccupante puisque la croissance de la productivité est essentielle pour affronter les multiples crises actuelles en matière de pouvoir d’achat, de bien-être et de durabilité environnementale", souligne l’OIT.
Celle-ci souffre de l’affaiblissement de l’investissement, en partie à cause des niveaux élevés d’incertitude économique. L’OIT craint également l’établissement d’un cercle vicieux où la détérioration des perspectives du marché du travail et l’augmentation de l’emploi informel affaiblissent les incitations à l’investissement productif qui renforcerait les difficultés en retour.
"Les risques d’aggravation sont encore importants en 2023", conclut l’OIT. Il va falloir s’accrocher.
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