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Intelligence artificielle et risques sociaux au menu selon Axa / Une majorité de la population s’inquiète de leur émergence
"Les trois années qui viennent de s’écouler ont vu apparaître la pandémie mondiale, la guerre en Ukraine, l’accentuation des conséquences du réchauffement climatique… Désormais, nous devons y ajouter l’émergence des risques liés à l’intelligence artificielle (IA) et à la cybersécurité. " La nouveauté du dernier Future Risks Report en date, publié annuellement par Axa, ne fait aucun doute aux yeux de Thomas Buberl, directeur général d’Axa, ce n’est pas la résurgence d’un des risques déjà pré-existant mais bel et bien l’arrivée de l’IA et d’une flopée d’opportunités et donc malheureusement de risques. Ces derniers inquiètent les experts mais surtout la population générale qui juge à plus des deux tiers (70 %) "qu’il serait nécessaire d’interrompre la recherche sur l’IA. "
Un nouveau danger en provenance de la technologie, qui voit également et ce " pour la sixième année consécutive, les risques liés à la cybersécurité être sur le podium des experts." Signe que cette inquiétude se propage à l’ensemble de la société, Axa révèle que "pour la première fois, ils intègrent également le top 3 de la population générale." Malheureusement les dangers pointés du doigt par les 3 500 experts et près de 20 00 personnes interrogées ne se cantonnent pas à ces thématiques technologiques, puisque c’est le réchauffement climatique qui est mis en avant par l’ensemble du panel comme le danger prédominant.
Polycrise
Il n’est plus question de mettre en compétition tensions géopolitiques, contraintes du réchauffement climatiques ou autre danger ; Axa avance que les crises "ne se succèdent plus mais se superposent" désormais, donnant naissance au concept de polycrise. Une addition des problématiques qui se retrouve dans le très fort sentiment de vulnérabilité du panel interrogé ; "84 % des experts s’estiment plus vulnérables qu’il y a cinq ans au niveau national (contre 76 % en 2020), et 73 % au niveau local (contre 64 % en 2020)." Une tendance qui se retrouve dans la population générale, dans laquelle "le sentiment de vulnérabilité a progressé de 7 % en trois ans au niveau national, mais aussi au niveau local".
Le front social est explosif
Les mauvaises nouvelles pourraient se faire de plus en plus nombreuses dans les années à venir et notamment sur le plan social et économique, les experts interrogés par Axa estimaient déjà l’an passé " que nous avons moins de temps pour nous préparer aux risques de politique monétaire et budgétaire : 45 % pensent que ces risques émergent rapidement". Pour preuve alors qu’en 2018, aucun risque économique n’était dans le top 10 des experts, y sont aujourd’hui présents les risques d’instabilité financière, les risques macro-économiques et rejoint l’an passé par les risques monétaires et budgétaires qui sont depuis redescendus à la 11e place. Cette année encore, "les tensions sociales ont fortement progressé dans le classement des dix risques les plus importants pour le grand public, passant ainsi de la 7e à la 4e place ".
Le chef économiste du groupe Axa, Gilles Moëc, relève que "la sensibilité face aux inégalités de revenus s’accentue dans les pays développés : dans l’International Social Survey, le pourcentage de personnes d’accord avec l’affirmation 'les inégalités de revenus sont trop importantes dans mon pays' progresse depuis le début des années 1990. Il atteint en moyenne 80 % dans les pays de l’OCDE lors de la dernière enquête réalisée juste avant la pandémie". Il s’alarme du risque de hausse des tensions sociales étant donné que "la réponse habituelle (la redistribution par l’État) se heurte à la dégradation des finances publiques, avec une dette qui explose sous le poids de l’aide apportée pendant la pandémie et le retour des taux d’intérêt positifs". Pour l’heure 76 % des experts et 70 % de la population générale estiment que la hausse des inégalités dans leur pays pourrait engendrer une hausse des tensions sociales.
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