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Macro-économie / Taux / Davos / risques / Environnement

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Le climat comme risque numéro Un selon les responsables de Davos

Les chefs d'entreprises interrogés à l'occasion de la publication du rapport du forum économique mondial sur les risques mondiaux sont unanimes : les événements climatiques extrêmes, l'effondrement du vivant et les désastres écologiques causés par l'homme figurent au sommet de leurs préoccupations. 
World Economic Forum - Davos - Crédit Photo : DR
World Economic Forum - Davos - Crédit Photo : DR

Le retrait américain des Accords de Paris et le manque de mesures mises en place par les États et les entreprises pour atteindre les objectifs de réduction du réchauffement définis en 2015 sont un excellent exemple de la difficulté des dirigeants mondiaux à coopérer pour le climat, dès que leurs intérêts économiques sont en jeu. Voilà l'une des principales conclusions du rapport sur les risques mondiaux publié par le forum économique de Davos, en amont du sommet qui aura lieu la semaine prochaine.

Pour la première fois depuis que cette étude est publiée, les cinq préoccupations les plus importantes des chefs d'entreprise pour les dix prochaines années sont toutes liées à l'environnement. A titre d'exemple, en 2018 et 2019, les cyberattaques et le risque de vols de données figuraient au top cinq des craintes des dirigeants économiques. Ces deux dangers sont passés au second plan par rapport au risque climatique. Par ailleurs, entre 2007 et 2010, jamais le climat n'avait été cité par les chefs d'entreprises interrogés comme facteur de danger. Le risque climatique s'est donc progressivement hissé parmi les préoccupations des leaders mondiaux à partir de 2011 (3 de leurs 5 top priorités depuis 2016), jusqu'à devenir aujourd'hui le centre de toutes leurs préoccupations (5 sur 5) pour l'avenir. 

Premier risque pointé du doigt, les températures et événements climatiques extrêmes, entraînant des dégâts sur les infrastructures et la population considérables. Second risque considéré comme le plus prégnant, l'incapacité des États à coopérer pour faire face au changement climatique. L'échec de la dernière conférence sur le climat de l'ONU, la COP 25 qui n'a débouché sur aucune avancée significative en est la dernière triste illustration.

Troisième facteur de danger selon les patrons interrogés, un accident environnemental lié à la mauvaise gestion humaine, telles que des marées noires ou une contamination radioactive. Les dirigeants sont également très inquiets de l'effondrement de la biodiversité, qui à terme résultera en une pénurie de ressources naturelles et industrielles pour la population. "La diversité de notre écosystème permet de capturer d'immenses volumes de CO2 et apporte des bénéfices économiques représentant 33.000 milliards de dollars par an, soit l'équivalent du PIB de la Chine et des États-Unis réunis. Il est absolument essentiel que les entreprises et les chefs d'États accélèrent leur transition vers une économie à bas carbone et vers des business models plus durables", explique ainsi Peter Giger, group chief risk officer de Zurich Insurance Groupe, partenaire du rapport publié hier. L'activité humaine a déjà entraîné la disparition de 83% des mammifères et de la moitié de la flore mondiale, soulignent les auteurs du rapport. Enfin, le cinquième élément le plus dangereux pour l'homme dans les dix prochaines années est la fréquence des désastres naturels (tremblements de terre, tsunamis, tempêtes géothermiques…).

À court terme, selon une très grande majorité des 750 dirigeants interrogés pour réaliser cette étude (78% d'entre eux), l'accroissement des confrontations économiques et la tendance grandissante au repli sur soi et au protectionnisme de la part des États sont alarmants, alors que les dirigeants ont plus besoin que jamais de travailler main dans la main pour préserver la planète. Certes, ce rapport souligne la prise de conscience de l'urgence climatique de la part de l'ensemble des leader politiques et économiques. Une première étape rassurante. Mais les chefs d'entreprises interrogées, qui dénoncent la dégradation de la planète, ont tout autant leur part du travail à faire pour lutter contre la dégradation de la planète. "Cela ne suffit pas de dire à quel point la crise climatique est grave", ont d'ailleurs rappelé les militants de Greenpeace. À bon entendeur !

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