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AMF : les grandes menaces qui nous guettent
La semaine dernière et par la voix de la sous-gouverneure Sylvie Goulard, la Banque de France avait listé les quatre risques économiques et financiers majeurs auxquels s'expose actuellement l'économie française. L'institution citait le risque lié à l'endettement public et privé ; les risques de marché dans un contexte où des corrections brusques ne sont pas exclues ; la fragilité des institutions financières dans un environnement où les taux bas font pression sur leurs marges ; les défis structurels du secteur financier au premier rang desquels le cyber risque et le changement climatique.
C'est au tour de l'Autorité des Marchés Financiers de révéler les grandes menaces, qui selon elle, guettent notre économie. Puisque la collaboration entre le gendarme boursier et la Banque de France est ancienne et étroite, particulièrement sur les échanges d'informations, il n'y a rien d'étonnant à constater que les conclusions sont parfois proches.
À l’instar de la Banque de France, l'AMF pense le risque de correction des marchés en Europe et aux États-Unis comme majeur, et le place même comme le risque le plus important. De fait, la valorisation des actifs se situerait toujours à des niveaux trop élevés, depuis que l'alerte a été donnée à la fin de l'année dernière avec une baisse de 12 % du S&P 500 ainsi qu'un recul de 14 % pour le CAC 40. En seconde position, l'établissement place lui aussi le risque d'insolvabilité des acteurs endettés, et pointe du doigt les volumes élevés d'obligations spéculatives ou l'essor des obligations structurées adossées à des emprunts. L'AMF constate que les politiques monétaires ultra-accommodantes présentent des effets indésirables que les politiques macro-prudentielles doivent contenir, en particulier l'endettement et l'exubérance des prix d'actifs.
Sur ce qu'il suit en revanche, l'opinion de l'Autorité diverge. Cela ne veut pas dire que la Banque de France ne voit pas ces évolutions comme défavorables, mais la Banque ne les avait pas explicitement classifiées comme étant risquées. D'abord, sur les infrastructures de marché et post-marché. L'AMF constate les difficultés à atteindre certains objectifs initiaux de MIF 2, comme le rapatriement des volumes négociés de gré à gré vers des plates-formes qui sont soumises plus largement aux obligations de transparences pré-négociations sur les ordres à l'achat à et à la vente. L'institution rappelle par ailleurs la difficulté à faire émerger une réelle supervision européenne pour les chambres de compensation et le délai d'adoption d'un régime de résolution européen pour ces acteurs dits cruciaux. Et prend son rôle de gendarme très à cœur en appelant les épargnants à la vigilance dans un contexte favorable où ils peuvent subir des offres irréalistes voire de pures arnaques.
Le Brexit revient lui aussi. La supervision future des acteurs qui ont été amenés à relocaliser leurs activités dans différentes juridictions, les difficultés de mise en œuvre pratique de l’obligation de négociation sur plates-formes ou encore la nécessité d’adopter dans des délais plus courts un régime de résolution européen des chambres de compensation… Enfin et plus généralement, l'AMF voit au long terme un manque de coopération politique internationale qui pourrait aboutir à une concurrence réglementaire et à une dégradation de la supervision.
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