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Macro-économie / Taux / IA / marché du travail / plan de transformation

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IA / marché du travail / plan de transformation

Le grand flou sur la productivité de l’IA commence à se lever / Le marché européen de l’emploi proche d’être transformé

Il n’est pas encore possible d’estimer finement quel nombre d’actifs voit déjà et verra leurs tâches être exposées à l’Intelligence artificielle (IA). Cependant, il apparaît que certaines parties de la population active sont plus à même de l’être et parmi celles-ci on retrouverait les femmes, les jeunes et les plus éduqués. Des tendances de fond qui devraient pousser les gouvernants européens à s’emparer du sujet et à adopter des politiques publiques en conséquence.  
Les effets de l'IA tardent à être quantifiés. Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Les effets de l'IA tardent à être quantifiés. Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

On voit de l’intelligence artificielle (IA) partout, sauf dans les statistiques du marché du travail. L’institut Bruegel vient de consacrer une étude dans lequel il s’attarde sur les dynamiques produites par l’irruption de l’IA sur le Vieux continent. Les recommandations des équipes du think tank sont unanimes, les pouvoirs publics ont un rôle majeur à jouer dans la transformation de l’économie qui s’annonce.

Il est effectivement jugé que le développement de l’IA et les promesses associées "en matière d’automatisation, d’augmentation et de création de tâches ont laissé la plupart des entreprises perplexes quant à ce que cela signifie pour l’avenir de leurs emplois et de leurs secteurs d’activité". C’est ce qui pousse la publication à avancer que "les décideurs politiques pourraient contribuer à guider cette transition tant du côté de la demande de main-d’œuvre (c’est-à-dire aider les employeurs à adapter leurs emplois et leurs organisations) que de l’offre de main-d’œuvre (c’est-à-dire aider les travailleurs à adapter leurs compétences) ".

 

Sur mesure

 

Des politiques bien précises sont ainsi recommandées et suggèrent une irruption pour le moins importante de l’État dans la vie économique. Il est ainsi proposé qu’il puisse "jouer un rôle en alertant les entreprises sur l’existence et l’applicabilité des méthodes de redéfinition des tâches dans le contexte de l’automatisation". Une méthode inspirée de mesures déjà déployées à Singapour. Le manque de recherche sur la question interpelle également les auteurs, puisqu’ils s’étonnent de constater que " seuls trois articles (de recherche économique ndlr se concentrent explicitement sur l’IA générative".

C’est une des raisons les poussant à arguer qu’il "convient de poursuivre les recherches pour mieux comprendre la frontière technologique". Ils se réfèrent à une étude qui " révèle des variations dans l’efficacité de l’IA dans les flux de travail professionnels, en identifiant les tâches situées à l’intérieur et à l’extérieur de la frontière technologique. Les tâches situées à l’intérieur de la frontière montrent une augmentation substantielle de la productivité des travailleurs lorsque l’IA est appliquée, tandis que les tâches situées à l’extérieur de la frontière ont vu leur efficacité diminuer avec le soutien de la GenAI". Un effort est donc à effectuer pour mieux identifier ces tâches à même d’aider les actifs.

Pour autant la publication reconnaît certes qu’une "grande variété de professions a été identifiée comme étant fortement exposées à la GenAI, telles que les professionnels de la finance, les professionnels du droit, les enseignants ou les employés de bureau " et que les programmes de formation doivent être adaptés, cela n’empêche pas les auteurs de faire preuve de prudence concernant les personnes sans emploi. Il est précisé que "les inquiétudes concernant l’avenir des chômeurs ne sont pas justifiées à ce stade, car on ne sait pas encore comment l’équilibre entre l’automatisation et l’augmentation des effectifs va se mettre en place ". C’est peut-être même certains groupes "travailleurs [qui] seront sans aucun doute fortement touchés, car le marché du travail pourrait connaître une réaffectation substantielle de la main-d’œuvre".

 

Pas de charité

 

Pour autant, les injonctions pour une action renforcée des pouvoirs publics ne sont pas uniquement faites pour des raisons de pur humanisme. L’institut détaille que les petites et moyennes entreprises pourraient faire l’objet d’un soutien financier, afin de les aider à adopter l’IA. Il est imaginé que cela puisse prendre " la forme de subventions pour la formation de leurs employés ou l’externalisation de conseils dans les domaines susmentionnés." Des fonds susceptibles "d’être distribués par le Fonds social européen et devraient être liées à la participation des travailleurs au processus d’adoption de l’IA, ce qui permettrait d’atténuer les effets négatifs potentiels sur les travailleurs ". Ce qui fera autant de travail en moins pour corriger ces effets a posteriori.

Un autre axe de travail proposé à celui de l’amélioration tant du dialogue social que de celui de l’instauration filets de sécurité sociale. Du côté de chez Bruegel on estime qu’impliquer les travailleurs "à la conception, à l’adoption et à la mise en œuvre des technologies peut atténuer l’impact négatif potentiel de l’adoption de l’IA sur les emplois et les travailleurs". Tout particulièrement via l’implication de toutes les parties prenantes dans des "programmes de développement des compétences qui contrecarrent efficacement les effets négatifs de l’automatisation" et également en déployant des mesures de protection sociale tenant compte des impacts délétères des perturbations technologiques sur le marché du travail. Sont évoqués pêle-mêle des " allocations chômage, une couverture des soins de santé et d’autres mécanismes de soutien destinés à faciliter la transition".

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