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Start-up / France Digitale / Intelligence artificielle
Les inquiétudes des start-ups de l’intelligence artificielle / Les financements et la réglementation du secteur en première ligne
L’intelligence artificielle (IA) creuse sa place dans l’écosystème des start-ups françaises. France Digitale, en collaboration avec Sopra Steria, a ainsi recensé 590 jeunes pousses dont l’IA se trouvait au cœur de son modèle d’affaires à la fin du premier trimestre 2023.
L’explosion de ChatGPT a évidemment jeté un coup de projecteur sur l’importance capitale de ces technologies d’avenir : les levées de fonds réalisées par ces jeunes pousses ont ainsi doublé entre 2021 et 2022, pour atteindre un montant total de 3,2 milliards d’euros.
Pour autant, seules 36 de ces start-ups sont parvenues à franchir le cap de 100 millions d’euros en un tour de table. La plupart d’entre elles, à hauteur de 437 start-ups, en ont quant à elles réalisé de moins de 500 000 euros. Et les levées de fonds représenteront le plus grand défi des cinq prochaines années pour 33 % des start-ups interrogées, relève l’étude de France Digitale. La problématique se plaçant ainsi devant le recrutement (25 %), les contrats avec les grands groupes (18 %) ou encore l’accès aux marchés publics (16 %).
Si cet accès aux liquidités apparaît donc comme une préoccupation majeure pour les start-ups exerçant dans l’IA, celles-ci peuvent en revanche se targuer d’une certaine rentabilité. Dans un environnement où les levées de fonds ralentissent et où les investisseurs s’intéressent plus particulièrement aux trajectoires de rentabilité et autres critères financiers classiques, France Digitale rapporte que la moitié des start-ups de l’IA sont d’ores et déjà rentables, ou anticipent de l’être dans les trois prochaines années.
Cadrage européen
Il reste que la réglementation et la mise en conformité constituent un autre point d’inquiétude pour l’écosystème. En effet, 16 % de l’échantillon anticipe que ces deux facteurs viendront freiner leur développement. En cause, notamment, l’Artificial Intelligence Act (AI Act), proposé par la Commission européenne en 2021. Le règlement vise ainsi à imposer un cadre juridique à l’IA. Au programme : la mise en place d’une IA éthique, d’une base de données européenne publique ou encore d’une norme unique dans toute l’Union européenne, afin de pouvoir éviter la fragmentation.
Si l’application de ce plan risque donc de perturber les processus et les habitudes du secteur, les start-ups ont encore du temps devant elle pour l’anticiper. Le cabinet Deloitte précisant, dans une étude parue à ce sujet, que la mise en œuvre et le processus de ratification pourraient prendre entre deux et cinq années. La première échéance se retrouvant donc à mai 2023. En revanche, le cabinet met en garde : "La non-conformité peut entraîner des amendes allant jusqu’à 30.000.000€ ou 6 % du chiffre d’affaires".
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