Start-up / industrie / transition écologique / Limatech / Flying Whales / France Digitale / France Digitale Day / Breega
Start-up
industrie / transition écologique / Limatech / Flying Whales / France Digitale / France Digitale Day / Breega
Quand la réindustrialisation sert la transition écologique… ou inversement / Les start-ups du secteur ont des atouts à faire valoir auprès des fonds
C’est un peu l’œuf ou la poule. La réindustrialisation de la France profite-t-elle à la transition écologique du fait des nouvelles technologies qu’elle propose ou l’industrie se verdit-elle au regard des exigences croissantes en matière ? Quoi qu’il en soit, les jeunes pousses industrielles qui ont émergé ces dernières années semblent participer à un cercle vertueux.
À l’évènement annuel de l’association réunissant les start-ups et VC français, France Digitale, qui s'est tenu ce mercredi, le président-directeur général de Flying Whales, Sébastien Bougon, expliquait par exemple à l’occasion d’une table ronde que la technologie de dirigeables pour transports de poids lourds qu’il développe participe bien à une boucle utile. De fait, ses transporteurs flottent grâce à de l’hélium et permettent de soulever 60 tonnes de charges utiles. De quoi pouvoir prendre le relais lorsque les routes, dans certaines régions isolées, ne le permettent plus afin de transporter des poids lourds. Mais, surtout, grâce au flottement par hélium, d’utiliser bien moins d’énergie pour voler.
Pas d’empreinte dans les airs, ni sur le sol
Au sol, l’empreinte est inexistante, tant en matière d’énergie qu’en termes de dégradation de l’environnement du fait de lourdes infrastructures de transport qui pourraient l’abîmer. Tandis que dans les airs, celle-ci est considérablement réduite. Drôle de coïncidence : la longueur de ce cargo permet, par ailleurs, de transporter des hélices d’éoliennes. "C’est devenu notre premier marché", s’est ainsi félicité Sébastien Bougon. Une nouvelle technologie plus verte qui permet, ainsi, de favoriser le développement de l’énergie renouvelable.
Même son de cloche du côté de Florence Robin, cofondatrice de Limatech, une start-up qui développe des batteries de lithium pour le secteur de l’aéronautique. Leurs clients ? Airbus, Boeing, Dassault Aviations. Soit les plus grands noms du secteur, qui ont donc été convaincus par les différentes économies que permet l’installation des batteries Limatech, en matière de poids, de carburant ou encore d'émissions de gaz à effet de serre. "Nous participons à la première étape de transformation de l’aviation, qui est tout d’abord de remplacer les vieilles technologies de batteries qui sont lourdes et toxiques. Non seulement cela permet d’économiser du kérosène, mais donc aussi du CO2. Cela permettra d’éviter jusqu’à 2 millions de tonnes de CO2 sur les cinq prochaines années", a ainsi souligné Florence Robin.
Plus de temps, moins de compétitivité
Si ces différentes technologies semblent donc apparaître comme une solution opportune à la double problématique créée par la réindustrialisation française et la décarbonation de l’économie, celles-ci se heurtent encore à plusieurs nœuds. "Il y a d’abord un réel obstacle, celui du temps que prennent les autorisations administratives", a par exemple rappelé Sébastien Bougon. Notamment en ce qui concerne le premier de ses débouchés, la filière éolienne. En moyenne, dans l’Hexagone, un parc éolien mettra sept ans à entrer en phase d’exploitation à partir du début de la prospection et des analyses de préfaisabilité. Tout cela si le projet ne fait pas l’objet d’un recours juridique. Chez nos voisins allemands, cela s’opère en moyenne en trois années. Tandis qu’aux États-Unis ou au Canada… cela pourra prendre seulement dix-huit mois.
Un vrai facteur de compétitivité, donc, qui pourrait ralentir l’émergence de champions français ou européens de l’industrie décarbonée. Une épine dans le pied de ces start-ups d’ordre administrative, qui reste cependant à mettre en perspective avec un frein encore plus conséquent à leur développement : celui des financements.
Un bon actif écrème pourtant la concurrence
De fait, pour les fonds de venture capital, l’industrie n’est pas ce qui pourrait apparaître, de prime abord, comme une poule aux œufs d’or. "Les modèles Saas [Software as a Service] sont mieux margés, c’est sûr. En levant 1 million d’euros, ils peuvent réaliser bien plus de chiffre d’affaires. Dans l’industrie, il faut 300 mille euros pour construire un prototype, 3 millions d’euros en moyenne pour sortir une série de pré-industrialisation, plusieurs dizaines - voire centaines - de millions d’euros pour industrialiser le produit et le mettre sur le marché", a ainsi expliqué Antoine Veret, Partner au sein du fonds de capital-investissement early stage européen Breega.
Pourtant, il se félicite que le VC ait été l’un des premiers à investir dans Exotec, start-up spécialisée dans la robotique et devenue la première licorne industrielle française (Verkor a depuis rejoint le club). Si Antoine Veret admet bien qu’investir dans une start-up industrielle est peut-être moins intuitif que de le faire dans une jeune pousse spécialisée dans le digital, la réussite d’Exotech aide son fonds à croire que cela est possible. Et, intéressant, évidemment : "Il y a énormément de concurrence dans le software, puisque les barrières à l’entrée y sont très basses. Lorsqu’il y a un vrai actif technologique hardware, cela écrème la concurrence et les chances de réussite peuvent être bien plus fortes", a-t-il ainsi souligné.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

