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Les difficultés de financement de la French Tech se confirment / Des disparités en fonction de leur maturité, mais des alternatives crédibles aux levées de fonds soulignées
L’heure d’un premier bilan est arrivée. Alors que le monde de la Tech est en proie à une raréfaction de ses financements depuis le début de l’année, comment les start-ups françaises se portent-elles à la mi-chemin d’un exercice qui ne leur était pas annoncé favorable ? Et comment sa suite est-elle envisagée ?
Il semblerait, d’après la dernière édition du Baromètre sur la performance économique et sociale des start-ups, mené par France Digitale et EY et publié ce mardi, que les prédictions avancées depuis des mois soient confirmées. Les levées de fonds dans la French Tech se sont effectivement étiolées : plus d’une jeune pousse sur trois n’a d'ailleurs pas cherché à organiser de tour de table dans les douze derniers mois.
Néanmoins, au terme du premier semestre de 2023, le nombre d’opérations est resté à la hausse. Ce sont les montants levés par les entreprises innovantes tricolores qui se sont affichés en recul. Si quelques grosses levées de fonds ont porté les capitaux levés par les start-ups françaises, sur les six premiers mois de l’année, à 4,2 milliards d’euros, la somme a toutefois fondu de près de 50 % sur un an.
Parmi les 500 start-ups françaises interrogées par France Digitale et EY, entre le 1er juin et le 15 août 2023, 49 % d’entre elles ont cependant déclaré avoir réussi à lever des fonds sur les douze derniers mois. Mais avec difficulté.
Série A ou série D : des sorts différents
Dans le détail, ces embûches restent à mettre en perspective avec la maturité de l’entreprise : plus elle l’est et plus les tours de tables s’organisent aisément. Alors que les séries D (et plus) n’ont rencontré aucune difficulté à lever des fonds lorsqu’elles souhaitaient le faire, près de la moitié des séries A ont indiqué avoir réussi à boucler des tours de table… sans que la tâche n’ait pour autant été simple. En cause, des investisseurs plus frileux et soucieux de revenir à des critères financiers dits "classiques" de rentabilité ou de preuves de fonctionnement de l'activité.
Pour les start-ups les plus installées, le recours à d’autres types de financement a également été plébiscité. Et, ce, à hauteur de 50 % pour les séries D et C. "La dette bancaire apparaît comme une alternative crédible pour les start-ups (24 % de celles qui ont levé des fonds dans les douze derniers mois disent avoir également envisagé la dette bancaire), de même que l’autofinancement (20 % des start-ups), preuve que l’atteinte de la rentabilité et l’augmentation du chiffre d’affaires par les start-ups leur permet désormais de chercher des financements plus classiques et de se ‘PMEiser’", remarquent France Digitale et EY.
De fait, la quasi-majorité des start-ups françaises a opté, sur les douze derniers mois, pour une adaptation de sa stratégie au contexte économique. Avec, en priorité, l’atteinte de la rentabilité à court ou moyen terme, la réduction des coûts externes et l’accélération du développement. Seules 30 % d’entre elles sont en effet déjà profitables, mais plus de la moitié envisage de l’être d’ici trois ans.
Les chiffres d'affaires font mieux que résister
Le tableau n’est néanmoins pas complètement noir. L’environnement des levées de fonds est peut-être en berne depuis la fin du second semestre de 2022, mais l’année passée aura tout de même été témoin d’une franche amélioration de l’activité des jeunes pousses françaises. Entre 2021 et 2022, la croissance moyenne des facturations des 13 000 start-ups recensées en France a grimpé de 32 %. Soit 10 points de plus qu’entre 2021 et 2022.
Les meilleurs clients des start-ups auront été les grands groupes. Ils prennent la tête du podium en représentant 60 % du chiffre d’affaires de l’échantillon observé, les acheteurs publics ne pesant qu’à hauteur de 17 %. Mais des difficultés à contractualiser avec ces deux types d'acteurs sont toutefois soulignées. Des cycles de vente trop long, une difficulté à entrer en contact avec ces entités ou des structures d’appels d’offres inadaptées aux start-ups sont ainsi avancés.
Pour les douze prochains mois, ce sont d’ailleurs ces différentes problématiques qui devraient représenter le plus gros obstacle au développement des jeunes pousses tricolores. Les levées de fonds arrivent ainsi en seconde position et les difficultés de recrutement viennent enfin compléter ce trio de barrières.
Preuve que les temps changent : l’année passée, les difficultés de recrutement s’affichaient en pole position des freins identifiés par les start-ups, tandis que la nécessité de traiter avec de grands comptes n’arrivait alors qu’en sixième position.
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