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Où est en la demande des ménages à l’heure de la relance ?

Macro-économie / Taux

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La consommation des ménages à l’heure de la relance 

À trois jours de l’annonce du plan de relance, l’exécutif parie sur l’utilisation des 100 milliards d’euros d’épargne forcée des ménages français et compte donc se concentrer sur l’offre aux dépens de la demande. Pourtant, les indicateurs ne vont pas dans ce sens.
consommation - euros - illustration
consommation - euros - illustration

Vendredi matin, l’INSEE a confirmé la chute du PIB français, de l’ordre de 13,8 %, pour le deuxième trimestre 2020. En se plongeant dans les données publiées par l’institut, il apparaît que la demande intérieure finale hors stock explique, à elle seule, 12 points de pourcentage de la chute de l’indicateur. Et cette demande intérieure est notamment tirée vers le bas par les dépenses de consommation des ménages, en baisse de 11 %, qui contribuent à hauteur de 5,5 % à la chute du PIB. Rien d’étonnant en somme, sachant que ces dépenses de consommation représentent en moyenne 55 % du PIB de l’Hexagone.

Mais ce qui inquiète, ce sont plutôt les signes témoignant d’une demande en berne. Certes, la confiance des ménages semble s’être stabilisée à 94 points, comme en juillet, après une baisse par rapport au 96 du mois de juin. Mais elle reste en dessous de sa moyenne de longue période, 100, et bien loin du niveau d’avant crise sanitaire (105). Le niveau de mai, 93, en plein confinement s’est d’ailleurs traduit par des niveaux d’épargne particulièrement élevés. La Banque de France relevait fin mai que les Français avaient épargné 55 milliards d’euros durant le confinement, une épargne qualifiée de "forcée" au vu des possibilités de consommation très restreintes par les conditions de confinement. Mais l’augmentation significative des achats à la sortie du confinement (+35,5 % en mai et 10,3 % en juin) faisait espérer un retour rapide à la normale, qui n’a pas eu lieu puisque depuis ils se sont aussi stabilisés en juillet (+0,5 %). Dans le même temps, mécaniquement, le taux d’épargne a bondi. Encore de 15,1 % au quatrième trimestre 2019, il passe à 19,7 % au premier trimestre 2020 pour atteindre 27,4 % au deuxième trimestre. D’autant plus inquiétant que, dans le même temps, le pouvoir d’achat a diminué de 2,1 % sur les trois derniers mois. Difficile dès lors de ne pas croire que cette épargne forcée se soit transformée en épargne de précaution. Sur l'année, c'est 100 milliards d’euros que les ménages français devraient avoir mis de côté, selon différentes estimations.

L’exécutif a-t-il oublié la consommation des ménages ?

Et si le plan de relance de l’exécutif, dont la philosophie générale était déjà connue et a été réaffirmée durant les rencontres du MEDEF par Jean Castex, sera concentré sur l’offre, la demande sera-t-elle pour autant mise de côté ? La chose est en réalité plus complexe. D’abord, le Ministre de l’Économie l’a récemment déclaré aux Échos : " les Français doivent consommer et investir dans l'économie les 100 milliards d'euros épargnés pendant la crise. Pour cela, je veux leur donner une garantie : les impôts n'augmenteront pas". C’est donc du côté des anticipations d’impôts que le gouvernement place ses pions. Et pour cela, il a réassuré son engagement à supprimer la taxe d’habitation pour tous les ménages d’ici 2023. Mais encore plus globalement, c’est en luttant contre le chômage que la lutte pour la consommation s’organise. Car, c’est mécanique, encore faut-il avoir un salaire pour consommer. Et dans ce cadre, l’aide à l’embauche des jeunes, qui prévoit une aide de 4 000 euros pour les entreprises embauchant un jeune de moins de 25 ans dans la limite de 1,6 fois le SMIC, devrait permettre de faciliter la rentrée dans le monde du travail des 600 000 jeunes ayant terminé leurs études cette année. L’État s’est aussi révélé un fort soutien. Comme le résume l’INSEE pour le mois d’août : "la chute des revenus primaires est néanmoins fortement amortie par une forte accélération des prestations sociales +7,9 % après +2,3 %. Cette dernière est notamment due au versement des indemnités d’activité partielle et de l’aide exceptionnelle de solidarité liée à l’urgence sanitaire pour les ménages les plus précaires, mais également aux prestations liées au chômage et aux absences pour garde d’enfants". Finalement, rappelons aussi que la prime à la conversion dans l’automobile a été élargie dans un premier plan post-confinement à hauteur de 5 000 euros pour près de 200 000 véhicules.

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