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Ardian persiste et signe
Un mois après avoir bouclé le plus grand fonds secondaire de capital-investissement jamais levé de 19 milliards d’euros, Ardian montre qu’il ne délaisse pas pour autant l’investissement direct dans des sociétés, lorsqu’elles sont de croissance. Le numéro Un français du private equity, anciennement lié à l’assureur Axa, vient de clore la cinquième génération de sa famille de fonds Expansion à deux milliards d’euros. C’est le double du montant de la génération précédente. Au-delà de cette croissance exponentielle, Ardian est parvenu à lever Expansion V en six mois, qui plus est en pleine pandémie.
Un double signe de confiance des investisseurs vis-à-vis de l’équipe Expansion d’Ardian. D’une part des souscripteurs déjà présents dans le fonds IV, qui représentent la moitié de la taille du nouveau véhicule. D’autre part du marché en général, puisque le gestionnaire a agrandi sa base géographique d’investisseurs notamment en Asie et au Moyen-Orient, mais aussi en termes de typologie, avec pour la première fois des fonds souverains ; les nouveaux souscripteurs représentent 50% aujourd’hui, contre environ 20% dans Expansion IV. Dix-neuf pays, issus des cinq continents, sont représentés. En outre, un tiers des investisseurs d’Expansion V n’avait jamais précédemment investi dans l’un des véhicules d’Ardian. Enfin, les dirigeants des sociétés déjà présentes dans le portefeuille d’Ardian Expansion ont souscrit à hauteur 5% du montant total – chose rare "illustrant la qualité des relations établies avec eux", souligne Ardian.
L’équipe Expansion investit directement, en tant qu’actionnaire minoritaire ou majoritaire, dans le capital d’entreprises européennes à forte croissance, tant interne que par des acquisitions. Le fonds V est d’ailleurs déjà investi à 10% depuis le mois de mai, à travers deux sociétés, Swissbit et Finaxy. Ardian explique que les actifs dans lesquels l’équipe a investis ont connu en moyenne une croissance de 10% de leur chiffre d’affaires hors acquisitions et qu’ils ont réalisé en moyenne "près de quatre acquisitions" chacune.
Plus globalement, cette levée montre que le succès du private equity ne s’est pas démenti avec la crise sanitaire, même si la période de confinement a pu ralentir le rythme des investissements dans des sociétés en raison des incertitudes sur la reprise de l’activité. Mais les souscripteurs sont persuadés que les opportunités surgiront, puisque la crise économique rebat les cartes, à des prix particulièrement attrayants. Les annonces se sont multipliées depuis le début du troisième trimestre – et non des moindres : hormis le fonds secondaire d’Ardian, CVC Capital Partners a annoncé début juillet la clôture d’un fonds de 21,3 milliards d’euros, suivi par Silver Lake Partners (18,3 milliards de dollars), ou encore EQT Partners (15 milliards d’euros). Ainsi, l’activité s’est accélérée en Europe au fil de l’année pour les méga-fonds, comme le montrent les statistiques de Preqin : les 26 fonds clos entre le 1er juillet et le 17 septembre ont collecté 55,8 milliards de dollars (soit la moitié du montant levé dans le monde à la même période), contre 38,2 milliards pour 55 fonds au deuxième trimestre et 18,7 milliards pour 72 fonds au premier.
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