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Arkéa / Jean-Pierre Denis / Crédit Mutuel
Arkéa n’abandonne pas son rêve d’indépendance
Où va Arkéa ? Face aux multiples vents contraires qui soufflaient contre son projet d’indépendance du groupe Crédit Mutuel, l’entité qui regroupe le Crédit Mutuel de Bretagne (CMB) et le Crédit Mutuel du Sud-Ouest avait annoncé, en juillet dernier, la remise de son projet à… 2024 et le retrait progressif de son président Jean-Pierre Denis, qui portait cette idée depuis le début.
On avait donc pensé à un enterrement de première classe. Erreur : à l’occasion d’un conseil d’administration qui s’est tenu vendredi, Arkéa a réaffirmé sa volonté d’indépendance et a annoncé qu’il poursuivait ses travaux en ce sens.
Mieux, "les échanges avec les autorités de tutelle se poursuivent, dans un climat serein et constructif", écrit la banque dans son communiqué. Crise sanitaire oblige, la Banque centrale européenne avait suspendu l’étude de son dossier. Celle-ci a donc visiblement repris.
"Malgré ce contexte, le groupe Arkéa a constamment poursuivi les travaux et les actions visant à préparer la séparation ordonnée du Crédit Mutuel, dans un climat apaisé tel que souhaité par les superviseurs ", poursuit-il. Pour justifier encore son intention, l’établissement explique avoir "une nouvelle fois apporté la preuve, au cours des derniers mois, de sa solidité financière, de sa résilience et de la pertinence de son modèle, au service du financement de l’économie réelle, des territoires et de ses acteurs". Allusion à des résultats relativement solides au premier semestre dans le contexte difficile de crise sanitaire : des revenus et un résultat net en hausse de près de 2 % par rapport au même semestre en 2019.
Même si les dirigeants d’Arkéa nourrissaient ce projet plusieurs années auparavant, le conseil d’administration les a officiellement mandatés en janvier 2018. Mais une série d’obstacles est venue compromettre son aboutissement. Parmi eux : les avis défavorables émis par la Banque de France en 2016, puis en 2018 aux côtés de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur français du secteur, et l’imposition par la Banque centrale européenne d’exigences prudentielles renforcées (une surcharge de 2 points de son seuil de fonds propres réglementaires). Sans parler des décisions prises par sa maison-mère pour lui compliquer la tâche.
C’est pourquoi la réaction d’Arkéa est aujourd’hui étonnante. Le groupe a déjà été averti que son chemin serait semé de multiples embûches, qui n'ont aucune raison d'avoir été levées et qui font apparaître l’indépendance comme le rêve de quelques-uns. Interrogé par Wansquare, Arkéa indique que "même si nous n’avons pas de visibilité sur la date d’aboutissement du projet, il nous a semblé utile de rappeler que les travaux et les échanges avec les superviseurs continuent". Mais avec la crise, les énergies ne feraient-elles pas mieux d'être déployées ailleurs ?
Peut-être faut-il aussi y voir le résultat du renouvellement du comité exécutif ces derniers mois : outre le départ surprise en début d’année du directeur général d’Arkéa Ronan Le Moal, fidèle parmi les fidèles de Jean-Pierre Denis, remplacé par Hélène Bernicot, Arkéa a, entre juin et août, changé les directeurs des ressources humaines, du pôle innovation et opérations, du pôle de la banque de détail, ainsi que du pôle BtoB (qui développe des prestations en marques blanches) et services spécialisés (Leetchi, Financo, etc.).
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