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LVMH / Tiffany & Co / autorité de la concurrence européenne
Bruxelles lève tous les obstacles techniques au rapprochement LVMH-Tiffany
En général, l’autorisation d’une fusion ou acquisition par une autorité de la concurrence réjouit, voire soulage ses protagonistes. Mais la crise sanitaire bouleverse beaucoup de certitudes. La Commission européenne a "approuvé, en vertu du règlement européen sur les concentrations, l'acquisition du contrôle exclusif de Tiffany" par LVMH ; mais le joaillier américain, qui a précisé lundi soir dans un communiqué que l’ensemble des autorisations réglementaires au bouclage de la transaction ont désormais été obtenues, est bien le seul à s’en réjouir.
Car le géant français du luxe ne souhaite a priori pas mener l’opération à terme, puisqu’il a dénoncé l’accord début septembre en invoquant une demande du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères français en raison du conflit commercial entre Paris et Washington. Mais sans invoquer les conséquences de la pandémie sur les performances de Tiffany, qu’il a acquis au prix fort fin novembre 2019 à 135 dollars par action – alors que le titre cotait 113 dollars le mois dernier.
Les deux groupes s’opposent devant la justice américaine : Tiffany, qui estime que LVMH est juridiquement tenu de mener l’opération à son terme et dans les conditions définies dans le contrat d’acquisition, a déposé plainte auprès d’un tribunal du Delaware ; tandis que le groupe de Bernard Arnaud a répondu en poursuivant le groupe américain – devant la même Cour de justice – avec un nouvel argument : sa mauvaise gestion de la pandémie. Le procès doit se tenir début janvier 2021.
Alors que des exigences trop importantes de la part de la Commission européenne auraient constitué un prétexte idéal, l’approbation de Bruxelles (qui n’est pas une surprise) rend impérieuse pour LVMH la nécessité de trouver une solution : soit gagner son procès – ce qui n’est absolument pas prévisible – soit négocier un compromis.
Ce qui n’est pas exclu. Car le marché bruisse de rumeurs d’une tentative de rapprochement des positions. Les protagonistes mèneraient des négociations indirectes pour trouver une solution, qui passerait par une légère réduction du prix d’acquisition. Tiffany serait prêt à étudier toute nouvelle offre tant qu’elle ne se situerait pas au-dessous de 130 dollars par action. LVMH serait prêt à en discuter. Ces éléments ont d’ailleurs porté le cours de l’action du joaillier depuis une semaine : il est passé de 122 dollars le 19 octobre à près de 129 dollars aujourd’hui peu avant midi à la Bourse de New York. En revanche, celui de LVMH a perdu 2,6% au cours des cinq dernières séances.
En tout cas, les deux géants du luxe savent que plus aucun obstacle ne se dresse sur leur route, si ce n’est leur propre volonté. "Tiffany et LVMH produisent et vendent des articles de luxe à l'échelle mondiale mais leurs activités se chevauchent principalement dans le secteur de la joaillerie. La Commission a conclu que la concentration envisagée ne soulèverait pas de problème de concurrence au regard des parts de marché modérées de l'entité combinée, de la présence d'un nombre important de fournisseurs tiers, et de l'entrée récente de plusieurs nouveaux concurrents", a estimé la Commission européenne dans les motifs de son avis.
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