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Arnaud Lagardère / Publication des résultats
Arnaud Lagardère dément les rumeurs et annule les objectifs
Les rumeurs courent sur le groupe Lagardère. Ce qui, visiblement, dérange l’associé commandité et gérant de Lagardère SA, Arnaud Lagardère. Ce dernier, dès les premières minutes de la présentation des ventes du troisième trimestre du groupe, a lancé un message clair de démenti : "il n’y a pas de négociations sur une éventuelle cession au sein du groupe". Il a rajouté quelques instants plus tard qu’il n’existait aucune négociation "sur une éventuelle modification du statut de société en commandite du groupe ", en référence à une information publiée mardi par BFM Business. Interrogé sur le sujet, il s’est montré intransigeant dans sa volonté de clore le débat et a indiqué que "la société entend poursuivre le dialogue actionnarial engagé fin août 2020 avec pour objectif commun que le groupe résiste au mieux à cette crise inédite et en ressorte renforcé". Cette intransigeance donnait toutefois plutôt l'impression d'un manque de certitude.
Il faut dire qu’il y avait de quoi se concentrer sur un autre sujet : celui des perspectives de la société, qui pourraient nourrir les contestations de Vivendi et Amber Capital. Car, après avoir suspendu le 25 mars son objectif de résultat opérationnel pour l’année 2020 exprimé début février ("+ 4 % et + 6 % à change constant, hors acquisition de IDF et hors impact du coronavirus"), le groupe a indiqué définitivement l’abandonner ce matin. Pire, "Lagardère Publishing anticipe pour 2020 que l’impact négatif sur son résultat opérationnel sera de l’ordre de 20 % à 30 % de la baisse de son chiffre d’affaires ", indique le groupe dans un communiqué. Il poursuit sur une hypothèse d’une baisse de 20 à 25 % pour le Travel Retail.
Mais, ces hypothèses sont présentées sous "les initiatives de maîtrises de coûts" pour le premier pôle et "la mise en œuvre des réductions de coûts, avec des impacts significatifs notamment sur les loyers et les frais de personne" pour le second. Or, Arnaud Lagardère a demandé un peu de temps pour "réexaminer et améliorer " les économies présentées lors de la journée investisseurs. Par ailleurs, en souhaitant une bonne arrivée à sa nouvelle directrice financière, Sophie Stabile, il l’a décrite comme loin d’être "effrayée par les batailles, et on va en avoir". Assurément, un climat serein règne, au détriment des investisseurs. Suite à cette publication, Oddo a confirmé ce matin son opinion alléger avec un objectif de cours inchangé de 15 euros.
Un troisième trimestre dans la dynamique du semestre
Dans les méandres de l’affaire Lagardère, on en oublierait presque que les ventes ne sont pas bonnes pour le groupe. Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires a subi une sévère chute de 38,3 % pour s’établir à 1,188 milliard d’euros. La dynamique des résultats semestriels est ainsi confirmée puisque le chiffre d’affaires baissait déjà de 38 %. Sans surprise, sur les neuf premiers mois de l’année, la baisse est du même acabit, avec un chiffre d’affaires qui passe de 5,249 milliards à 3,276 milliards d’euros.
Les tendances n’ont toutefois pas été les mêmes pour les différentes divisions du groupe. Du côté de Lagardère Publishing, on remarque un certain rebond puisque les ventes progressent de 6 % par rapport au troisième trimestre 2019 (704 millions d’euros). Par rapport à 2019, les revenus sont en hausse de 21 % en juin, 4 % en juillet-août et 10 % en septembre, dénotant avec la forte décroissance de 39 % observée en avril. Sophie Stabile résume simplement : "en bref, les lecteurs continuent à lire et acheter des livres". La division a notamment été portée par les Etats-Unis (+19,20 %), le Royaume-Uni (+15,6 %) et la France (+4,20 %) ou le contrechamp du premier tome de la saga littéraire Twilight Midnight Sun (Stéphanie Meyer) a porté les ventes.
Pour la deuxième grande division, le groupe souligne que, malgré une hausse graduelle depuis avril (-91 % contre -63 % en septembre), "le Travel Retail fait face aux effets de la 'deuxième vague' de Covid-19, affichant un chiffre d’affaires à - 66,1 % (1) au troisième trimestre". Enfin, les autres revenus s’améliorent sensiblement, après une baisse de 26,2 % au deuxième semestre, ils ne diminuent que de 9,7 % à 57 millions d’euros, grâce à la bonne performance de la radio (+8,5 % du chiffre d’affaires).
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