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XAnge va lancer un nouveau fonds
Le capital investissement n’a pas souffert de la crise. En particulier, le capital-risque : "on n’a jamais vu le Venture aussi bien se porter, XAnge se porte bien lui-même mieux que la moyenne du secteur " affirme Nicolas Rose, associé de la marque innovation du groupe Siparex. Et pour cause : le fonds se classe deuxième sur les 12 derniers mois en termes de sortie, avec 5 deals réalisés (dont trois en juillet avec Shine vendu à la Société Générale, Sweagle à servicenow et MicroDON à Kiss Kiss Bank Bank), derrière Bpifrance et ses 9 deals. Le fonds compte 450 millions d'euros sous gestion et un portefeuille de plus de 65 startups. Certes, certaines start-up du portefeuille ont souffert, comme celles du tourisme avec Evaneos, mais d’autres en ont profité, comme 360Learning. Si bien que, globalement, "le portefeuille a été très résilient ". Surtout, la crise a permis de mettre en évidence que "la digitalisation en cours n’en est qu’à ses débuts. La crise sanitaire a été un grand accélérateur de prise de conscience" estime Guillaume Meule, lui aussi associé chez XAnge.
En conséquence, il entend lancer un nouveau fonds, XAnge 4, qui vise à terme une levée de fonds de 200 millions d’euros et dont le premier closing aura lieu au premier semestre 2021. Ce fonds XAnge 4 "est un prolongement du 3 des marques de confiance, du soin, de la data et de la deeptech ". La philosophie générale est toutefois différente.
La stratégie d’investissements, que WanSquare a pu consulter, s’appuie ainsi sur une distinction : celle des 99% et des 1%. Entre ceux qui profitent globalement de l’économie numérique et ceux qui ont des difficultés à avoir accès aux services de base. Et XAnge d’annoncer : "nous ré-orientons nos investissements vers les projets qui serviront un maximum de quotidiens." Les investissements dans le Care auront donc désormais aussi pour vocation de réduire les inégalités de "santé, alimentation, habitat et environnement", dans le Trust, l’ambition de "redonner le contrôle au plus grand nombre", et dans le Data la recherche "du bien collectif". On voit se dessiner aisément l’accélération du fonds dans des domaines comme la santé et la protection des données personnelles. Dans un monde où l’accès aux capitaux est de plus en plus aisé, Nicolas Rose ajoute par ailleurs travailler sur "une valeur ajoutée servicielle toujours plus grande", en référence aux services octroyés aux start-up dans leur portefeuille.
Un fonds qui s’inscrit dans son époque
Pourtant considéré comme éloigné de la vie réelle par nombre de Français, le venture capital est un moteur central du changement. L’économie de plateforme qui s’est ainsi imposée partout dans le monde a d’abord trouvé ses financements grâce à ces fonds de capital-risque. En France, XAnge a participé à ce développement, en soutenant par exemple Blablacar ou Kapten, nouveau nom de Chauffeur Privé. Dans cette veine, le nouveau fonds se voudra celui d’une économie qui profite à plus de monde. Illusoire ? Peut-être. Pourtant, le secrétaire d’Etat chargé au Numérique, Cédric O, appelait dès juin dans les colonnes des Echos à cette évolution : "ce que nous demandent les Français, c’est un numérique du quotidien qu’ils ne subissent pas : qu’ils puissent avoir accès aux services et à la facilité qu’il offre – et qu’il ne soit pas seulement synonyme de fracture numérique et de fermeture des petits commerces." "Nous devons passer de la start up nation au numérique du quotidien ", ajoutait-il.
Nicolas Rose confirme finalement vouloir aller dans ce sens : "si on ne fait pas cela, on va vers une insatisfaction de toute une partie de la population dépassée par le numérique et poussée vers des métiers moins intéressants alors que des grandes plateformes accumulent des capitaux". Déjà, certaines prises de participation témoignent de cette volonté, comme celle dans WeHelp, une marketplace entre familles, personnes âgées et aidants. Pour autant, la nature même d’un Venture Capital reste de capter le maximum de valeur. Or, là réside aussi tout l’intérêt de cette philosophie.
D’abord, parce que les meilleurs entrepreneurs se trouvent désormais dans ces domaines technologiques qui n’ont pas vocation à être uniquement utilisés par des experts. Ce qui ouvre le marché des start up dans lesquelles les fonds prennent des investissements à une quantité de clients potentiels significative. Meilleure offre, plus grand marché, donc. Ensuite, parce que ce virage vers le plus grand nombre "est le meilleur allié pour aller vers la dimension scalable", note Cyril Bertrand. D’ailleurs, la spécificité de la tech boucle la boucle puisque "le coût marginal nul qui accompagne les meilleures technologies est notre meilleur levier pour y arriver tout en gardant des paramètres économiques qui marchent", ajoute le membre du directoire. La logique financière n’est donc pas loin. XAnge regarde donc vers 2021 avec une feuille de route renouvelée. Une année qui s'annonce déjà dynamique puisque deux start-up en portefeuille devraient faire leur entrée en bourse.
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