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Les investisseurs se ruent sur les Oceane d'Accor

Le groupe a annoncé une émission d’Oceane à échéance le 7 décembre 2027 d’un montant nominal d’environ 500 millions d’euros. L’action a clôturé en baisse hier de près de 5% dans un SBF 120 plutôt stable. Pourtant, après les mauvaises nouvelles pour l’activité, les brokers eux sont plutôt satisfaits.
Accor logo
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Accor a réalisé hier une émission d’obligations à option de conversion et/ou d’échange en actions nouvelles et/ou existante (Oceane) à échéance le 7 septembre 2027 pour un montant nominal d’environ 500 millions d’euros. Ce type d’obligations permet une émission à un taux moindre qu’à l’habitude, étant donné qu'il laisse la possibilité de capter une partie de la hausse de l'action le cas échéant.

Accor a de fait obtenu en fin de journée un taux favorable de 0,70%. En outre, le prix de conversion a été fixé à 48,12 euros, soit une prime de conversion de 65% par rapport au cours de référence des actions ordinaires du groupe : elle représente le haut de la fourchette initiale (60-65%), ce qui éloigne le risque de dilution si conversion il y a et atteste de l'engouement des investisseurs. En effet, l'émission a été sursouscrite pas moins de... 6,5 fois.

Le marché a réagi à cette annonce en faisant plonger le cours de 4,9% à la clôture, à 28,75 euros. Cela s’explique par l’effet dilutif potentiel d’une telle opération : "sur la base du ratio de conversion/échange initial, la dilution potentielle serait d’environ 3,89 % du capital actuel de la société si le Droit à l’attribution d’actions était exercé pour l’ensemble des obligations et que la société décidait de remettre uniquement des actions nouvelles en cas d’exercice du Droit à l’attribution d’actions", précisait ainsi Accor dans un communiqué. Les obligations porteront intérêt à un taux annuel compris entre 0,70 % et 1,20 % dès le 7 décembre 2021.

"Le produit net de l’émission sera affecté aux besoins généraux de la société, y compris, mais sans s’y limiter, au refinancement de l’échéance obligataire arrivant à échéance en février 2021, dont 550 millions d’euros restent en circulation", a précisé le groupe dans un communiqué.

Une année 2020 très difficile

Sans surprise, 2020 n’a pas été un long fleuve tranquille pour le groupe hôtelier français. Avant la même la publication de son activité du troisième trimestre, qui s’est avérée en baisse de 63,7 % en données comparables à 329 millions d’euros, Sébastien Bazin prévenait : "cela ne va pas aller en s’arrangeant dans les semaines avec le couvre-feu, dans les semaines qui sont devant nous". Sans même attendre les chiffres du dernier trimestre et appréhender donc l’impact de ce reconfinement, le P.-D.G. du groupe dressait un tableau inquiétant. "Nous aurons sûrement un résultat net négatif de plus d’un milliard d’euros. On va perdre plus de 70 % de notre chiffre d’affaires 2019 et on présentera un Ebitda négatif cette année " déclarait-il au Monde. Selon le consensus établi par Factset, l’Ebitda devra atteindre -337 millions d’euros et le groupe afficher une perte nette 1,49 milliard d’euros.

Déjà sorti du CAC 40 cette année et ayant vu sa note abaissée en catégorie spéculative en début de mois par Fitch Ratings, le groupe a aussi annoncé un plan social concernant 1 200 personnes dans un objectif total de 200 millions d’euros d’économies. Désormais tourné vers 2021 avec le réconfort d’un vaccin qui pourrait bien relancer le tourisme mondial mais aussi les voyages d'affaires, Sébastien Bazin a tenu à rassurer : "je n’ai aucun doute sur notre capacité à rebondir avec un Ebitda positif l’an prochain, à condition qu’il n’y ait pas de troisième vague et que les frontières rouvrent avant la fin du premier trimestre". Les incertitudes n’ont donc pas toutes disparues. D’autant plus que le P.-D.G. estime probable qu’une consolidation sur le marché ait lieu, notamment avec des acteurs américains ou chinois, bien que de multiples obstacles subsistent. JP Morgan semblait toutefois satisfait, il a relevé hier matin son objectif de cours de 30 euros à 34 euros.

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