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AccorHotels / Maud Bailly / Portrait

Maud Bailly, la Madame Digitale d'AccorHotels

CDO d'AccorHotels depuis avril 2017, cette normalienne et énarque de 39 ans passée par la SNCF et Matignon se décrit comme une agent du changement. Passionnée par la transmission, elle estime que le digital n'apportera de la valeur que s'il est au service d'une profonde transformation culturelle et humaine de l'entreprise.
Maud Bailly
Maud Bailly

"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder ils s'habitueront." Tels sont les vers de René Char que Maud Bailly aime à citer pour résumer ses choix professionnels, elle qui a toujours refusé les carrières toutes tracées et qui, nommée il y a un peu plus d'un an comme chief digital officer d'AccorHotels a préféré les détours et chemins de traverse pour façonner un parcours à sa mesure. 

Fille d'enseignants, Maud Bailly grandit en région parisienne entre Gonesse et Argenteuil, avant d'arriver sur les bancs de Fénelon en prépa littéraire. L'intéressée se souvient avoir vécu un petit choc culturel, après ses années de collège/lycée en banlieue. Ce qui n'empêche pas celle qui est à la fois fan de NTM et d'Apollinaire d'intégrer Normale Sup en lettres modernes, où elle est même admise quatrième au classement, à 20 ans seulement ! 

Malgré son goût pour la littérature, elle regrette cependant d'avoir perdu le côté pluridisciplinaire de la prépa et décide de se présenter à Sciences Po. Qu'elle intègre sans difficulté grâce à un 19/20 en culture générale. Au bout d'un an, elle présente l'ENA une première fois, "en test", est admissible du premier coup mais échoue au grand oral. "Je me suis rendue compte qu'il y avait une profonde iniquité d'accès aux codes d'une telle école et me suis promis de les enseigner si je réussissais à intégrer", se rappelle Maud Bailly.

Fidèle à sa promesse, Maud Bailly, qui entre à l'ENA l'année suivante, enseigne depuis quelques années au sein de la prep ENA favorisant l'égalité des chances et aux élèves de ZEP qui souhaitent intégrer Sciences Po. "J'aime l'idée de semer et de permettre aux jeunes issus de milieux moins favorisés de faire un pied de nez aux codes tels qu'ils sont", explique ainsi Maud Bailly. Cette femme engagée est d'ailleurs également membre du conseil d'administration de Prométhée Education une association en faveur de l'accès  à l'éducation. 

De sa scolarité à l'ENA, elle retient notamment son stage au Vatican, où elle découvre les arcanes de la diplomatie religieuse et son passage à la préfecture d'Alençon dont elle "adore le côté terrain". Sortie dans la botte de l'ENA, où elle choisit l'inspection des finances, c'est d'ailleurs pour se frotter au concret et apprendre le métier de manager in situ, qu'elle frappe à la porte de la SNCF après ses quatre ans à l'IGF. Maud Bailly rencontre alors Guillaume Pépy qui lui propose d'être sa directrice de cabinet. "J'avais tout juste trente ans et trouvais risqué d'être autoproclamée chef avant d'avoir fait mes preuves", explique Maud Bailly. Pendant six mois, elle préfère commencer par vendre des billets Gare du Nord et en boutique à Suresnes, puis apprend les rudiments de l'escale, de la conduite de trains et finit pas passer son certificat sécurité devant trois cheminots à la Gare de Lyon !

Forte de cette expérience terrain, la jeune femme est alors nommée directrice de Paris Montparnasse et directrice déléguée du produit TGV. Une école de la vie extraordinaire, où elle apprend le management, et le dialogue social, avec 750 personnes sous sa responsabilité pendant plus de deux ans et demi. Elle devient ensuite directrice des trains, où elle est notamment responsable du déploiement de toute la stratégie digitale en gare et à bord. Des compétences, qui vont bien sûr lui servir lorsqu'elle sera embauchée deux ans et demi plus tard chez AccorHotels. 

Mais entre les deux, l'Enarque fait un petit passage en cabinet, celui du Premier ministre Manuel Vals, où elle occupe le poste de chef du pôle économique, en charge des affaires budgétaires, fiscales, industrielles et du numérique. Après un court retour à l'IGF, où elle travaille sur les enjeux du véhicule connecté, et termine ainsi ses dix ans au service de l'Etat, Sébastien Bazin, qu'elle a rencontré à un Dîner du Siècle la contacte pour être CDO d'AccorHotels : elle accepte, à la fois pour les qualités de son futur patron, qu'elle décrit comme une personnalité "inspirante, avec une bienveillance et une droiture incroyable" et parce que ce poste de chief digital officer lui permet de réunir toutes les compétences qu'elles a acquises auparavant.

Celle qui est désormais membre du Comex en charge de la stratégie digitale d'AccorHotels, estime que la transformation d'une entreprise traditionnelle en une société matricielle et connectée ne pourra avoir lieu sans une profonde refondation culturelle et humaine. Le digital est même selon elle un formidable outil pour faire avancer les bonnes pratiques. A ce titre Maud Bailly a d'ailleurs été nommée ambassadrice du WAAG (Woman At AccorHotels Generation), un réseau de plus de 11.000 membres au sein de l'entreprise en faveur de la parité, de la diversité et du mentoring, comme levier de performance collective. "Nous sommes là pour aider les gens à révéler leurs potentiels", termine Maud Bailly, qui se considère avant tout comme un agent du changement "au service des autres et avec les autres". 

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