WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / AccorHotels / Accor / Publication des résultats / Résultats / coronavirus

Entreprises / Actions
AccorHotels / Accor / Publication des résultats / Résultats / coronavirus

Le printemps noir d’Accor

Le groupe hôtelier a publié un chiffre d’affaires en baisse de 17% au premier trimestre, mais a prévenu que le plus dur viendrait en avril et mai. Le prochain candidat au PGE de grande ampleur peut en tout cas compter sur l’expertise financière et le style de son patron.
Sébastien Bazin - Accor
Sébastien Bazin - Accor

Alors qu’Accor affronte le plus gros choc systémique de son histoire, Sébastien Bazin est resté fidèle à son style : direct et pugnace. Il n’a pas cherché à améliorer une situation brutale, où les deux tiers de ses 5.000 hôtels sont actuellement fermés, alors que le reste sert au logement du personnel soignant et des personnes mobilisées pour la crise du Covid-19. Les chiffres du premier trimestre ne mettent que très partiellement en lumière ce contexte inédit : le chiffre d’affaires a chuté de 17% et 15,8% en comparable, à 768 millions d’euros. La chute du revenu par chambre disponible est un peu plus forte, à 25,4 %, mais est surtout plombée par l’Asie (-33 %), tandis que l’Amérique du Nord (-22 %) suivra dans les prochains mois.

Car c’est bien sûr dans les prochains mois que le coup d’arrêt à l’activité se fera le plus sentir. "Les mois d’avril et de mai devraient être les plus difficiles de l’année, avec un taux d’occupation très faible et beaucoup d’incertitudes sur les dates et mesures de déconfinement comme sur le rythme de réouverture des frontières", indique le groupe. Accor a chiffré l’impact sur son Ebitda à 170 millions d’euros, mais la facture sera bien plus lourde sur l’année. Sans parler des changements structurels qui pourraient découler de cette crise pour l’industrie hôtelière.

Bien sûr, le sixième groupe hôtelier mondial a les reins solides : 2,5 milliards d’euros de trésorerie disponible à fin mars 2020 et une ligne de 1,2 milliard d’euros de crédit revolving sans test de covenant, disponible avant juin 2021. Sans compter les immenses efforts financiers pris par le groupe, comme la mise au chômage partiel ou technique de 75% de ses salariés au siège dans le monde (soit 60 millions d’euros d’économies de coûts), la réduction de 60 millions d’euros de dépenses d’investissements et autres économies de coûts opérationnels. Mais aussi le dividende de 280 millions d'euros, qui a été suspendu mais dont 70 millions ont été affectés à un fonds Covid-19.

Cela est certes bien insuffisant au regard du manque à gagner.Cela est certes bien insuffisant au regard du manque-à-gagner, si bien qu’Accor sera très vraisemblablement le prochain grand dossier de PGE (Prêts Garantis par l’Etat), aux côtés de Renault. L’enjeu est immense, il faut sauver le soldat Accor de l’appétit d’un Blackstone ou d’un autre fonds aux abois, sans effrayer les banques qui, pour ces grandes entreprises, n’obtiendront qu’une garantie à 70 % sur le montant du PGE. Il faut espérer que l’Europe, par la voix de Thierry Breton qui a lui-même réclamé un Plan Marshall du tourisme, offre une réponse à la hauteur de la crise. Le commissaire a évoqué une enveloppe de 20% du plan de relance européen qui pourrait atteindre 1.500 milliards d’euros, mais rien n’est encore sur la table.

En tout état de cause, Accor peut se réjouir d’une chose, celle d’être sous l’impulsion de Sébastien Bazin, ancien expert de private equity et d’immobilier chez Colony Capital, qui combine une expertise financière pointue avec une véritable connaissance profonde du métier opérationnel hôtelier. Il faudra au moins cela pour relancer un groupe, dont le titre a perdu un tiers de sa valeur en l’espace de deux mois.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article