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Pernod Ricard
Pernod Ricard espère combler son retard boursier
L'assemblée générale de Pernod Ricard vendredi est venue ponctuer une année plutôt rassurante pour le géant mondial des spiritueux. Il a affiché des performances financières relativement solides dans le contexte de crise sanitaire, comme en témoignent ses comptes 2019-20 clos le 30 juin - avec un dernier trimestre durement touché mais moins que ce qu'anticipait le marché - et le premier trimestre de son exercice 2020-21. Pourtant, sa valeur boursière accuse un certain retard par rapport à ses concurrents, ce qui rend l'action attrayante aux yeux de maints professionnels de marché.
Les investisseurs ont-ils commencé à en prendre conscience ? C'est probable : en une semaine, l'action s'est adjugé 4,3 % et 15,4 % en un mois, ce qui lui permet de s'approcher de sa performance de l'année 2019, lorsqu'elle naviguait au-dessus des 160 euros et avait atteint un record à 179,50 euros. Vers 13 h 30, le titre cotait 161,40 euros, en hausse de 0,9 % par rapport à la clôture d'hier. Pernod Ricard a d'ailleurs tout fait pour encourager cette prise de conscience : à l'occasion d'une AG sans surprise (au cours de laquelle l'ensemble des résolutions a été adopté), le montant du dividende de 2,66 euros par action au titre de l'exercice 2019-20 a été confirmé par le vote des actionnaires.
Le groupe n'ayant pas fait appel aux mesures de soutien de l'État liées à la crise sanitaire, il n'était pas tenu par les restrictions de distribution. Même si le dividende est inférieur aux 3,12 euros de l'exercice précédent, Pernod Ricard est l'un des rares membres du CAC 40 à avoir maintenu une politique relativement généreuse et les actionnaires n'ont pas fait les difficiles.
L'AG a également acté la réduction de moitié la rémunération de son PDG Alexandre Ricard, fixée à près de 1,4 million d'euros, en raison d'une baisse de 83 % de la part variable (à 297.000 euros). En effet, les objectifs quantitatifs (en termes de résultat opérationnel courant, de résultat net courant, de free cash flow récurrent et de levier opérationnel) n'ont, sans grande surprise, pas été atteints, étant donné que le second semestre de l'exercice 2019-20 intègre cinq mois de confinement à l'échelle mondiale.
GBL reste au capital
Malgré certaines faiblesses (sensibilité à une appréciation de l'euro, croissance difficile en France et en Espagne), l'action pourrait continuer à s'apprécier dans les mois qui viennent, surtout si les perspectives de vaccins contre la Covid-19 se concrétisent : Morgan Stanley par exemple a fixé un objectif de cours de 180 euros. Selon ce courtier, la consommation d'alcools retrouvera son niveau précédant la crise sanitaire à la moitié de l'année 2021 et se rapprochera de la trajectoire de croissance qui était la sienne avant la pandémie en 2022 ou 2023. Il estime que la valeur boursière actuelle de Pernod Ricard n'intègre pas ce scénario.
Le groupe s'attend à un environnement encore volatil et incertain pour le reste de son exercice décalé - entre janvier et juin 2021. Si l'alcool se prête facilement à la vente à distance et reste accessible à l'achat dans la distribution alimentaire, la situation sera bien plus difficile dans le "Travel retail", étant donné la fermeture ou les fortes restrictions décidées dans les aéroports.
Par ailleurs, l'assemblée générale a procédé à la nomination pour 4 ans de Virginie Fauvel en qualité d'administratrice, tandis qu'elle a pris acte de la démission de Gilles Samyn de son mandat d'administrateur indépendant : nommé à l'origine sur proposition du Groupe Bruxelles Lambert (GBL), actionnaire à hauteur de 7,6 % de Pernod Ricard, il a fait valoir ses droits à la retraite de la galaxie Albert Frère pour aider au redressement de l'aéroport de Charleroi à la demande du gouvernement wallon - Pernod Ricard était le dernier mandat lié au groupe Frère. Contacté par Wansquare, GBL ne fait pas de commentaire ; mais selon nos informations, le départ de Gilles Samyn du conseil d'administration de Pernod Ricard ne serait pas le prélude à une prochaine réduction de sa participation au capital du groupe français.
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