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Pernod-Ricard rassure malgré le flou, vins & spiritueux

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Pernod Ricard / vins & spiritueux

Pernod-Ricard rassure malgré le flou

Le groupe a passé une importante provision sur sa marque Absolut, mais il affiche des résultats relativement solides.
Alexandre Ricard - Pernod-Ricard - Crédit photo : DR
Alexandre Ricard - Pernod-Ricard - Crédit photo : DR

On dit que les investisseurs achètent l’avenir, mais ce n’est pas toujours vrai. Pernod Ricard, qui publiait ce matin ses résultats annuels décalés (clos le 30 juin) en fait l’expérience : son action a bondi de près de 4% dans la foulée, alors que le groupe n’a pas donné d’indications pour l’exercice en cours, contrairement aux espoirs des analystes. Ceci notamment parce que les chiffres qu’il a publiés pour l’année 2019-20 se sont révélés en partie meilleurs que prévus.

Ainsi, le résultat opérationnel courant (ROC) a reculé de 13,7%, à 2,26 milliards d’euros : c’est mieux que les propres prévisions de Pernod Ricard, qui avait d’abord anticipé une chute de 20% du ROC, chiffre qu’il avait révisé à 15% en juillet à l’occasion de la publication des comptes du troisième trimestre. En outre, le montant est supérieur au consensus des avis des analystes compilés par Visible Alpha, établi à 2,21 milliards d’euros.

Le numéro deux mondial des spiritueux y est parvenu en maîtrisant fortement ses coûts : la réduction des investissements "publi-promotionnels" au deuxième semestre (de janvier à juin) lui a fait gagner 88 points de base (pb) sur sa marge opérationnelle, qui ont plus que compensé la hausse de 79 pb des coûts fixes liés au déclin du chiffre d’affaires. Le chiffre d’affaires recule de 9,5%, à 8,5 milliards d’euros.

L’effet le plus spectaculaire de la crise économique consécutive au confinement se voit sur le résultat net part du groupe, en raison d’une dépréciation d’actifs exceptionnelle d’un milliard d’euros. Celle-ci concerne essentiellement la marque de vodka Absolut (pour 912 millions d’euros bruts). Ses ventes (-11%) ne sont pas celles qui ont le plus chuté de l’ensemble des marques du groupe, mais c’est la plus exposée aux canaux qui ont le plus souffert des mesures de confinement : le travel retail (achats en aéroports essentiellement), le on-trade (ventes en bar, restaurant et boîte de nuit) et les Etats-Unis.

Pernod Ricard n’est pas le seul dans cette situation : son premier concurrent, le numéro un mondial Diageo, a passé une dépréciation encore plus importante, de 1,3 milliard de livres sterling, dans ses comptes 2019-20 le mois dernier. La comparaison est donc plutôt favorable au groupe français. Reste que la provision a pesé sur le résultat net facial, qui s’inscrit en chute de 77% par rapport à l’exercice précédent. Le résultat net courant (qui exclut les éléments exceptionnels) n’a reculé que de 13%, à 1,44 milliard d’euros.

Une indication ("guidance") pour l’exercice 2020-21 était très attendue par les investisseurs et les analystes – probablement parce que Diageo n’en avait pas fourni non plus. Ils en sont pour leur frais. On peut en particulier regretter l’absence d’éléments même pour le premier trimestre, alors que deux mois d’activités se sont déjà écoulés.

Les dirigeants de Pernod Ricard se sont contentés de dire que l’incertitude et la volatilité seraient encore la norme – ce qui n’est pas vraiment une surprise. Mais "la résistance des revenus de Pernod Ricard dans le off-trade [ventes en magasin, ndlr] observée à la fin de l’année devrait se poursuivre au premier semestre, tandis que l’on peut s’attendre à ce que la Chine se reprenne", indique Laura Parisot, analyste chez Alphavalue, corroborant ainsi l’opinion du PDG de Pernod Ricard Alexandre Ricard, lequel ajoute la "reprise progressive" des ventes en Inde et de l’on-trade dans le monde. En revanche, le travel retail devrait rester durablement affecté par les obstacles persistants à la reprise du trafic aérien en raison du coronavirus.

Mais à toute chose malheur est bon : le groupe de vins & spiritueux a profité de la crise pour accélérer son développement électronique, en particulier sa propre plate-forme "Drinks & Co", qui est l'une des tendances de fonds du supposé "monde d'après". Son chiffre d’affaires a en effet progressé de 50% en 2019-20, connaissant un bond de 130% entre les mois de mars et juillet, période concernée par le confinement. En Chine, premier marché "électronique" pour Pernod Ricard, les ventes ont augmenté de 46% pendant l’année ; la hausse atteint 105% aux Etats-Unis, 92% au Royaume-Uni et 56% en France.

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