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Rémy Cointreau / vins & spiritueux / luxe
Rémy Cointreau affiche son pouvoir de marché
"Exceptionnel". C’est ainsi que Eric Vallat, le directeur général de Rémy Cointreau, a qualifié le premier semestre (clos le 30 septembre) de son exercice 2021-2022. La publication anticipée, le mois dernier, d’une hausse de 52 % de son chiffre d’affaires (à 645,3 millions d’euros) laissait entrevoir un semestre très dynamique ; mais c’est sur le terrain de la rentabilité que le groupe français de spiritueux a encore plus largement surpris.
Le résultat opérationnel courant (Roc), qui atteint 213 millions d’euros, a en effet plus que doublé (+104,5 % à périmètre et change constants) par rapport au premier semestre 2020-1921 et progresse de… 27 % par rapport au premier semestre 2019-2020, avant que la pandémie émerge. Il dépasse largement le consensus de 22 analystes réalisé par le groupe de spiritueux lui-même, établi à 168 millions d’euros. En progressant de 8,5 points de pourcentage à éléments constants (8,3 points à éléments courants), la marge établit un nouveau record pour Rémy Cointreau : 33 %. Le résultat net récurrent a bondi d’environ 130 % à 148,2 millions d’euros, soit une marge de 23 % (+8 points à périmètre et change constants).
La poursuite du redressement économique et de la consommation, en particulier aux États-Unis (les revenus de la zone Amériques ont grimpé de 60 % à 353 millions d’euros) et en Chine (faisant progresser les revenus en Asie Pacifique de 49,3 % à 180 millions). Dans ce contexte, Rémy Cointreau a fait parler la puissance de ses marques haut de gamme : la marge brute a profité d’un effet "mix produit" de 57,4 millions d’euros et d’un effet prix de 26,1 millions d’euros. Le groupe a bénéficié des hausses de prix qu’il a passées en octobre 2020 et en avril 2021.
Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que Rémy Cointreau relève sa prévision pour son exercice annuel décalé. Le groupe de spiritueux s’attend désormais à une croissance "très forte" de son Roc, alors qu’il utilisait simplement l’adjectif "forte" jusqu’ici, et à une "amélioration organique" de la marge correspondante, ce qui n’était pas le cas précédemment. Ce malgré une légère une baisse de certains soldes de son compte de résultat au dernier trimestre de son exercice. Le troisième trimestre devrait en revanche connaître la croissance, notamment en Chine grâce à la Journée des célibataires le 11 novembre. "Compte tenu de la volonté du groupe d’intensifier ses investissements en marketing et communication, de maîtriser ses stocks stratégiques au quatrième trimestre et d’une base de comparaison élevée au second semestre, la croissance organique du Roc bénéficiera uniquement de la croissance exceptionnelle du premier semestre", résume le groupe.
Rémy Cointreau fait le choix de préparer les exercices à venir. Il a par exemple réinvesti 37,5 millions d’euros de la marge brute supplémentaire engrangée au cours du premier semestre dans les dépenses publicitaires et ce type de réinvestissement "devrait fortement s’accentuer au cours du second semestre", prévient-il – de quoi mettre en avant les marques de qualités supérieures qui favoriseront la hausse du chiffre d’affaires et des marges futurs. Une politique bien perçue par le marché : "Le choix de poursuivre les investissements marketing est une bonne décision", a par exemple commenté le courtier Oddo BHF.
Dans l’ensemble, les investisseurs ont nettement salué les déclarations de Rémy Cointreau. Le titre progressait de 11,2 % vers 15 heures, à 207,80 euros.
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