Dirigeants, gouvernance / Lagardère
Dirigeants, gouvernance
Lagardère
Arnaud Lagardère cherche à bâillonner WanSquare
Arnaud Lagardère a beau avoir pour collaborateurs des centaines de journalistes, chez Paris Match, au Journal du Dimanche ou chez Europe 1, il n’apprécie pas quand d’autres journalistes portent un jugement sur ses capacités de gestionnaire. Le 9 avril 2019, alors que le groupe n’était pas au cœur de l’actualité financière comme il l’a été au printemps dernier, un article de WanSquare soulignait comment Arnaud Lagardère avait détruit de la valeur depuis qu’il avait succédé à son père. Puisque d’un groupe qui valait près de 15 milliards d’euros, il ne restait plus qu’un petit conglomérat doté d’une capitalisation boursière de 3 milliards (2,49 milliards aujourd’hui).
Et de rappeler dans cet article qu’à la différence de Jean-Luc Lagardère qui était un grand chef d’entreprise et un ingénieur passionné d’aéronautique, Arnaud Lagardère n’avait eu de cesse que de vendre la participation du groupe familial dans EADS (devenu Airbus). Une cession qui s’était faite sur la base d’un cours unitaire moyen inférieur à 30 euros, alors qu’en avril 2019 ces titres s’échangeaient entre 110 et 120 euros. Ce seul désinvestissement de l’avionneur européen a privé les actionnaires de Lagardère d’une plus-value de 9 milliards d’euros.
Voilà ce qui était écrit dans cet article qui n’a pas plu du tout au gérant de Lagardère dont le bilan est si flatteur que le conseil de surveillance du groupe a jugé bon de renouveler son mandat dans la torpeur de l’été, pour une durée de quatre ans, en dépit de l’abstention courageuse d’Aline Sylla-Walbaum. Et comme la liberté de la presse a tendance à se réduire, comme toutes les autres en vertu d’une loi votée le 23 mars 2019, l’auteur de cet article n’aura pas droit à un débat contradictoire. Il sera directement mis en examen par un juge, sans qu’il y ait eu d’instruction. Et sans donc que la justice se soit intéressé à la véracité de ses écrits.
Bien sûr nous avons bien compris que, comme d’autres, Arnaud Lagardère voulait ainsi nous intimider et nous bâillonner parce qu’il n’aime pas notre indépendance, notre liberté de ton et notre capacité à faire parler les chiffres. Cela ne changera rien, bien sûr à notre mission qui vise à décrypter les choix stratégiques des entreprises et à jeter la lumière sur les résultats qu’elles dégagent. Mais la Place financière mérite d’être informée des méthodes du gérant de Lagardère, vis-à-vis de ceux qui osent ne pas adhérer à sa gestion. Les chiens aboient et notre caravane passera toujours !
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